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jeudi 2 juin 2011

SACREMENT DE PÉNITENCE FRANCOIS VARILLON




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«LE SACREMENT DE PÉNITENCE»


Notes prises par un auditeur lors d'une Conférence donnée par le Père FRANÇOIS VARILLON (S.J) théologien, à la cathédrale Sainte Bénigne de Dijon le vendredi 16 janvier 1976


Nous nous trouvons en présence d’un fait : beaucoup de Catholiques, en France et ailleurs, ont abandonné la pratique de la CONFESSION. Et, s’ils ne l’ont pas abandonnée, ils s’interrogent sur sa nécessité ou sur son utilité. De toutes manières, elle leur est une charge, et plus d’un verrait d’un bon oeil qu’elle soit supprimée.

Certains se posent la question : pourquoi faut-il raconter ses péchés à un homme plutôt que de les confesser directement à DIEU, puisqu’après tout, ce qui compte, c’est la conversion intérieure ?
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D’autres redoutent que la CONFESSION soit une façon de se déculpabiliser à bon compte, une pratique routinière (et magique). de «vider son sac». C’est trop facile ! On commet des péchés, on va voir le Curé dans sa boîte, on lui raconte quelques histoires, et le tour est joué : on repart à zéro. Autant trouver une machine automatique !
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Tantôt on rencontre un confesseur sévère et scrupuleux qui traite les cas dans l’abstrait, en voyant le péché sans s’arrêter au pécheur dans sa complexité vivante ; tantôt c’est un confesseur débonnaire et bon papa qui débite une monition toute faite sans rapport avec l’accusation et avec les problèmes réels du pénitent...

Ainsi la CONFESSION est devenue pour beaucoup pierre d’achoppement. Il y a un malaise



RÉAMBULE

D'OÙ VIENT LE MALAISE ?



UN CONTEXTE JURIDIQUE PÉRIMÉ

Laissons de côté : orgueil, relâchement, refus d’humilité, absence d’esprit de sacrifice. Il y a un peu de tout cela. Mais il y a plus profond : la conscience chrétienne évolue dans le sens de la découverte d’un DIEU AMOUR plutôt que Juge.

Si la PÉNITENCE est présentée comme un «tribunal», cela évoque un contexte juridique qui appartient à des temps révolus : on pense à un DIEU édictant des lois auxquelles il faut obéir pour éviter l’ENFER et gagner le Ciel, à un Dieu législateur qui tiendrait une comptabilité rigoureuse de nos actes, à un DIEU qui serait un peu le DIEU de l’Inquisition. Fidèles et confesseurs ont beaucoup de peine à se débarrasser de cette vieille conception de Dieu. Les chrétiens d’aujourd’hui ne sont pas libérés de cette caricature de DIEU.


UN CODE TROP MINUTIEUX MAIS PAS ASSEZ EXIGEANT

D’autre part la conscience chrétienne découvre de plus en plus une morale dynamique, une morale des valeurs. Or, les fidèles étaient habitués à se référer à une liste d’obligations, un catalogue de péchés (avec une insistance un peu morbide sur les affaires sexuelles), à un code distinguant les actions permises et les actions défendues, à une classification détaillée des péchés mortels et des péchés véniels : tout cela apparaît aujourd'hui à la fois trop minutieux et pas assez exigeant.

Je souligne «pas assez exigeant» en constatant que la pratique actuelle est susceptible d'engendrer soit un scrupule névrotique soit un moralisme relativement confortable, qui l'un et l'autre sont incompatibles avec un christianisme vrai et profond.


UNE CONCEPTION DU PÉCHÉ À NUANCER

Les exigences de DIEU ne sont que la révélation de nos propres exigences souvent cachées à nos propres yeux. Nous connaissons mieux aujourd’hui la part de la subjectivité : l’homme est une histoire, et pas seulement une nature ; l’homme est en marche vers des valeurs qu'il ne peut pas atteindre. d’un seul coup. Nous sommes davantage sensibles à l’orientation d’une vie plutôt qu’à une nomenclature d’actes envisagés isolément. Nous avons appris à n'être pas «choristes».

Chacun de nos actes a sa part de valeur et sa part de non-valeur, sa part de lumière et sa part de ténèbres. Nous répugnons à classer les actes humains dans des catégories sans nuances : bon ou mauvais, noir ou blanc. Nous hésitons à dire cela est un péché, cela n’en est pas un. Nous pensons plutôt en telle chose il y a du péché, une tonalité de péché, une «température» de péché. Il y a du péché même dans les actes les plus généreux (quand on ne parvient pas à éliminer le retour sur soi). Aucun péché n’est purement péché : il contient toujours une part de valeur, et SAINT THOMAS D’AQUIN le disait déjà XIII° Siècle.


UN SACREMENT À REVALORISER DANS SON SENS ET DANS SA FORME

Dans cette optique d’une morale dynamique des valeurs, on ne peut plus faire comme le Pharisien de l’Évangile, qui ne trouvait rien à se reprocher, mais que le CHRIST a jugé sévèrement, le considérant comme foncièrement pécheur même s’il était pur aux yeux de la loi.

Quiconque prend les valeurs comme critère de moralité ne pourra plus être Pharisien ; mais il risque, tout en se sachant pêcheur, de ne rien trouver de précis à accuser en CONFESSION s’il se réfère au code établi.

Lorsqu’un chrétien se laisse mettre en question, à la racine de lui-même, par la misère dans le monde, par la faim, par l’absence de justice sociale ou internationale, par la guerre, par la lutte des classes, ... il est inévitable que cet homme là ne trouve pas un secours réel dans la liste des péchés fournie par les manuels.

Il réclamera que le SACREMENT DE PÉNITENCE soit revalorisé dans son sens et dans sa forme. Et on ne peut pas dire purement et simplement qu’il a tort.

Après cette description assez large du malaise, nous allons maintenant pour y voir un peu plus clair, examiner successivement :
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. LA VERTU DE PÉNITENCE (je m’expliquerai sur le mot «Vertu»)
. LE SACREMENT DE PÉNITENCE
. LE RITE DU SACREMENT DE PÉNITENCE, c’est-à-dire la manière dont il est aujourd’hui donné et reçu.


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REMIÈRE PARTIE
LA VERTU DE PÉNITENCE

(CETTE PARTIE, LA PLUS IMPORTANTE, COMMANDE TOUT LE RESTE)



PÉNITENCE =}=}=}  SENTIMENT QU'ON EST UN PÉCHEUR PARDONNÉ

Chez les Romains, le mot

. «VIRTUS» signifiait : énergie, dynamisme. Chez nous, le sens de ce mot s’est affadi, au point qu’on n’ose même plus employer ce mot «vertu». Disons plutôt : l’attitude intérieure, l’attitude profonde de l’homme devant DIEU doit être une attitude de PÉNITENCE, c’est-à-dire une attitude comportant le sentiment qu’on est un pécheur pardonné dans les bras d’un amour pardonnant.

. PÉNITENCE vient du mot grec «Metanoïa» qui veut dire retournement, conversion, changement de mentalité, changement d’orientation de vie. A la base de ce changement, il y a la vérité de notre relation avec DIEU. Nous l’avons vu ensemble déjà : ce qui importe c’est la vérité de notre rapport avec DIEU l’authenticité de notre relation avec DIEU. La vérité de la condition humaine chrétienne c’est que nous sommes des enfants pardonnés dans les bras d’un Père pardonnant. Il s’agit du Pardon.


PARDON =}=}=} FORME SUPRÊME DE L’AMOUR

La réalité du Pardon est la plus profonde de toutes les réalités. C’est le coeur même de la RÉVÉLATION. Le Pardon c’est l’Amour dans sa profondeur ultime. On n’a pas vraiment donné quand on n'a pas pardonné. DIEU n’est pas seulement Celui qui donne, mais Celui qui par-donne, et Il va ainsi jusqu’au bout du don (Le préfixe «par» traduit bien l’idée. «à fond». qu’on retrouve dans parfaire, parcourir, etc.).

Si nous n’étions pas pécheurs, nous saurions que DIEU donne (possibilité de participer à Sa vie, d’être divinisés) ; DIEU nous rend perpétuellement ce que nous perdons perpétuellement par le péché.
Le Pardon c'est la grandeur suprême.

Les païens l’avaient compris quand ils faisaient l’éloge de la «magnanimité» (sens littéral =}=}=} courage + compassion), de cette «grandeur d’âme» incarnée dans l’ILIADE par le héros ACHILLE, plein de compassion pour le vieux père de celui qui a tué son ami. Et là où il y a compassion il y a passion (Voir mon livre sur «LA SOUFFRANCE DE DIEU»).


CARACTÈRE «MATERNEL» DE LA BONTÉ DE DIEU

«Lorsque DIEU forma les entrailles de l’homme, Il y mit d’abord la bonté», disait BOSSUET. Or l’homme est à l’image de DIEU. DIEU, donc, le premier, a des entrailles. Ce que nous traduisons par miséricorde ou par pitié (quand nous disons par exemple :

«Seigneur prends pitié !» c’est une expression qui vient d’un mot hébreu dont la racine est l’équivalent du mot «uterus» (matrice). Nous disons donc au Seigneur «Souviens-toi que tu as des entrailles maternelles !» C’est un appel à la «maternité» de DIEU.

Quand, au Chapitre 15 de l’Évangile de SAINT LUC, il est question du retour de l’enfant prodigue, l’Évangéliste nous dit que le père «a les entrailles remuées» (voix du sang). Même expression dans la BIBLE quand JOSEPH (fils de JACOB) retrouve ses frères, et aussi quand la vraie mère entend SALOMON proposer le partage de l’enfant revendiqué par deux femmes. Dans toute la BIBLE on parle d’entrailles maternelles.


LA DOCTRINE DU PARDON DANS LA BIBLE

Il faudrait avoir le temps d’évoquer les grands textes de la BIBLE sur la doctrine du Pardon. Bornons-nous à quelques traits :

1. Exemple du Livre d'OSÉE un des plus beaux textes de la littérature, qu’il serait dommage de ne pas avoir lu, dans lequel le Prophète, marié à une prostituée, décrit sa propre expérience du Pardon divin.

2. Exemple du Livre de JONAS : fable délicieuse, avec une fine satire contre les Juifs scandalisés par la patience de DIEU à l'égard des païens (un peu comme si nous étions ennuyés à notre époque que DIEU aime les Russes ou les Chinois). Le tort de JONAS est de ne pas avoir été capable de participer à la joie de DIEU quand NINIVE a fait pénitence, de ne pas se réjouir avec DIEU du pardon accordé. C'est dans le pardon qu'éclate la Toute-Puissance.

3. Exemple des paraboles de l'Évangile : «L’ENFANT PRODIGUE«, «LA DRACHME PERDUE«, «LA BREBIS ÉGARÉE«, et aussi «LE DÉBITEUR INSOLVABLE« devenu créancier intraitable : on voit dans ce dernier cas que, si nous ne pardonnons pas nous-mêmes, nous commettons, le seul péché que DIEU ne peut pas pardonner.


POUR DIEU, PARDONNER C’EST RE-CRÉER

Que répondriez-vous si je vous demandais : «Faut-il plus de puissance à DIEU pour créer ou pour pardonner ?«

J’ai peur de votre réponse. Prétendre qu’il faut plus de puissance pour créer serait une erreur, car la véritable puissance de DIEU est la puissance de l'Amour.

Pardonner c’est recréer : c’est redonner une liberté à celui qui a fait mauvais usage de cette liberté, parce qu'il a péché, c'est-à-dire parce qu'il a renoncé à se créer lui-même.

Par le pardon, DIEU redonne à l'homme le pouvoir de se créer lui-même (car DIEU ne crée pas l'homme libre, Il crée l'homme capable de se créer lui-même libre). Le pardon rétablit l'égalité originaire des consciences. Le pardon nous fait redevenir enfants :

«cet enfant que nous avons été et qui nous attend à la porte de la mort pour nous introduire en Dieu» BERNANOS

S'il n'y a plus rien d'enfant en nous, on voit mal ce qu'il y aurait en nous que Dieu puisse régénérer par le pardon.


DIEU PARDONNE COMME IL RESPIRE

Dans le Pardon DIEU oublie non seulement l’offense mais le péché lui-même. Est-ce que vous vous imaginez pardonnant à quelqu’un qui vous a offensé, et allant le voir six mois après pour lui dire : «Tu te rappelles tu m’avais offensé, je t’ai pardonné»? Ce serait «moche». Alors vous n’allez pas attribuer ce sentiment à DIEU comment croyez-vous donc que DIEu est Amour ? Quelle idée vous faites-vous de l'Amour ?

Le Pardon de DIEU est l'oubli du péché lui-même.

DIEU pardonne comme Il respire. J’aime parler de la «respiration pardonnante» de DIEU. DIEU va jusqu’à la gratuité suprême de l’Amour

ler degré : gratuité de l’Amour qui nous crée

2ème degré : gratuité de l’Amour qui nous divinise

3ème degré : gratuité de l'Amour qui nous pardonne .

S’il en est ainsi on comprend mieux pourquoi il y a un SACREMENT DU PARDON.

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EUXIÈME PARTIE

LE SACREMENT DE PÉNITENCE
OU SACREMENT DU PARDON - OU ENCORE SACREMENT DE LA RÉCONCILIATION


Quand on comprend la profondeur du Pardon,on comprend que : c’est parce que nous avons été pardonnés que nous devons aimer (Cf. SAINT LUC 7, 36/50, La pécheresse pardonnée). Puisque DIEU nous redonne le pouvoir de nous créer, nous devons redoubler d’ardeur pour nous créer, pour nous faire hommes. Quand on a bien compris la grandeur du pardon, il va de soi que l’Église en ait fait un sacrement. Ce sacrement, l’Église ne le laissera jamais tomber, parce que le Pardon de DIEU doit nous atteindre dans notre identité la plus profonde. Qu’est-ce qu’il y a de plus profond en nous ? C’est d’être membres de l’Église, membres du Corps du CHRIST. Il faut que ce qu’il y a de plus profond en DIEU rejoigne ce qu’il y a de plus profond en moi.

C’est pourquoi le Pardon de DIEU m’est donné par l’Église, par le Prêtre qui représente l’Église, dans LE SACREMENT DE LA RÉCONCILIATION ET DU PARDON. Ce Sacrement, c’est le pardon de DIEU qui m’atteint dans l’Éqlise et par l’Église. Jamais l’Église n’abandonnera ce sacrement.


REMARQUE

Je pense que chacune de nos CONFESSIONS doit être une protestation contre notre tendance naturelle à diluer ou à dissoudre la Foi dans une sorte de religiosité plus ou moins sentimentale. En allant me confesser, j’oriente mon être vers ce qu’il y a de visible et d’historique dans la Foi ; j’évite le piège de la pure intériorité (la relation de l’homme avec DIEU ne saurait être purement intérieure) ; c’est l’Église visible et historique qui est le lieu normal de la réconciliation de l’homme avec son DIEU.



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ROISIÈME PARTIE

LE RITE DU SACREMENT DE PÉNITENCE


Sur ce point, comme vous et comme toute l’Église, je suis en recherche, et je ne suis pas prophète ... mais je suis certain que les choses changeront.


HISTORIQUE

L’histoire du SACREMENT DE PÉNITENCE est particulièrement complexe.

Ce n’est qu’au IIIème siècle qu’une discipline pénitentielle a été instituée. Le Sacrement était réservés aux fautes graves : inceste, adultère, meurtre, apostasie.

Le Sacrement n’était donné qu’une seule fois dans la vie ; la CONFESSION était l’unique planche de salut après le BAPTÊME ; elle était publique et les peines étaient sévères (plusieurs mois ou plusieurs annéesd’excommunication)...Cela poussait du reste beaucoup de chrétiens à ne demander la PÉNITENCE qu’à leur lit de mort.

La PÉNITENCE «privée» a été importée d’Irande au VIIème siècle. Progressivement la Confession est devenue périodique, puis obligatoire une fois par an pour les péchés mortels -CONCILE DU LATRAN en 1215 -. L’obligation s’accompagne d’une liberté de choix du confesseur, et du secret imposé à ce confesseur. Pour certaines fautes telles qu’inceste ou parricide subsiste une pénitence publique.


Le CONFESSIONNAL fait son apparition à Milan au XVIème siècle avec SAINT CHARLES BORROMÉE. Le droit canonique précise que la grille doit être fixe, et munie de trous étroits. Pendant longtemps il est resté interdit aux prêtres de donner l’absolution à une femme en dehors du CONFESSIONNAL.

JACQUES MARITAIN a qualifié le confessionnal de «cocassement sinistre». Le rite est appelé à changer (comme il a déjà changé souvent). Comment ?

ÉVOLUTION À PRÉVOIR

Au début de chaque EUCHARISTIE, il y a, on ne le souligne pas assez une «CÉRÉMONIE PÉNITENTIELLE» à deux degrés :
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1er degré : nous reconnaissons que nous sommes pécheurs ;

2ème degré : je reconnais que j'ai péché, que j'ai commis des péchés.

3ème degré : je reconnais que j'ai commis tel péché.
Les absolutions collectives sont parfois autorisées, pas partout cependant. Elles ont leur valeur. Mais, à mon avis, elles ne doivent pas abolir la confession privée car celle-ci est un dialogue du pécheur avec son DIEU, impliquant un aveu précis et détaillé. Certes, la CONFESSION n'est pas faite pour les péchés véniels ; mais qu'est-ce qu'un péché véniel ? Certes, il ne faut pas exclure la demande de pardon à Dieu en dehors du sacrement, par exemple à l'occasion d'un examen de conscience chaque soir. Mais si on venait à la suppression de la CONFESSION privée, et à son remplacement par des ABSOLUTIONS COLLECTIVES, nous aurions toujours le sacrement, mais nous n'aurions plus le dialogue personnel du pécheur avec son DIEU. Toutefois, s'il ne faut pas supprimer la CONFESSION privée, je pense qu'elle pourrait être raréfiée, dans la mesure où elle constitue seulement un désir de se sécuriser. La CONFESSION n'est pas un tranquillisant ; c'est un hommage. On doit traiter DIEU comme un Père ; trembler devant lui serait un contre-sens. On doit aboutir à quelque chose de plus vrai, en éliminant tout ce qui est routine.


CONCLUSION

Le SACREMENT DU PARDON sortira du discrédit où il semble actuellement s'engloutir dans la mesure où les fidèles y verront un acte positif accompli pour lui-même, relevant d'une décision d'honorer ce qu'il y a de plus profond en DIEU et englobant au delà d'une responsabilité particulière la totalité de l'existance croyante avec toutes ses responsabilités.

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NNEXE

QUESTIONS POSÉES A L'ISSUE DE LA SÉANCE DU SOIR

PREMIÈRE QUESTION


L'idée du jugement dernier n'est-elle pas plus «sinistre» que celle du confessionnal ? Le caractère irrémédiable de la sentence frappant ceux qui sont rassemblés à la gauche du Juge n'est-il pas scandaleux ?
RÉPONSE :

En fixant sur la toile l'image du jugement dernier, les grands peintres nous ont rendu un mauvais service. La page de l'Évangile relatant le jugement dernier est elle-même une image. Ce qui est essentiel dans ce chapitre :

«j'avais faim...tu ne m'as pas donné à manger...» SAINT MATHIEU 25,42

Nous aurons à reparler de l'ENFER. Il ne s'agit pas de le jeter par dessus bord. Mais il s'agit de le comprendre.


DEUXIÈME QUESTION

Que pensez-vous du «DIES IRAE», dont le souvenir nous fait froid dans le dos ?
RÉPONSE :

C'est à nous de travailler et d'agir pour que les poèmes de ce genre qui portent la marque de certains moments de l'histoire (cf. conception juive du «chéol» ) ne soient pas conservés. Depuis BOSSUET jusqu'au Père LAGRANGE, les catholiques sont restés dans une sorte d'ignorance, leur éxégèse étant au point mort. Alors que chez les protestants et chez les rationalistes elle était en plein essor.

TROISIÈME QUESTION

Qu'est-ce qu'un «péché mortel» ?

RÉPONSE :

Il est question dans l'Évangile d'une situation de péché dans laquelle ont est dans un mouvement opposé à la divinisation. Le péché mortel est un acte déshumanisant, une dé-création, un acte qui nous fait régresser vers le néant, un acte par lequel nous refusons de nous construire.

L'état de grâce est l'état dans lequel nous travaillons à nous humaniser pour que le CHRIST puisse nous diviniser. L'état de péché mortel est une situation de déshumanisation de nous-mêmes et de mort dans lequel le CHRIST ne peut rien faire pour nous. La limite inférieure de cette déshumanisation c'est l'ENFER.

QUATRIÈME QUESTION

Peut-on affirmer que c'est JÉSUS-CHRIST qui a institué le sacrement de pénitence, et rendu obligatoire l'aveu des péchés ?

RÉPONSE :

Non. On fait fausse route quand on cherche dans l'Évangile des paroles instituant tel ou tel sacrement. C'est par une lecture attentive de l'Évangile et par référence aux pratiques de l'Église primitive qu'on peut savoir comment un sacrement a été institué.


CINQUIÈME QUESTION

L'aveu et le pardon sont sécurisants. Vous ne voulez pas que la CONFESSION soit un tranquillisant. Comment arriver à une CONFESSION authentiquement bonne ?
RÉPONSE :

C'est une affaire de vie spirituelle. Prenez vos responsabilités en disant : «Je ne veux pas être sécurisé». Reportez-vous à ce qui est dit à propos de ceux qui ramassent des épis un jour de SABBAT
:

«Heureux sont-ils s'ils savent ce qu'ils font» SAINT LUC 6

(sous-entendu : en prenant la responsabilité de travailler).

La seule façon d'être vraiment sécurisé c'est de croire que DIEU est amour, et que sa respiration est pardonnante.
SIXIÈME QUESTION

Pourquoi parle-t-on de moins en moins de la CONFESSION dans la catéchèse destinée aux enfants ?

RÉPONSE :

Les enfants peuvent-ils commettre de vrais péchés ? Ce qui importe c'est que les parents et les éducateurs mettent l'accent sur ce qui est grave :

. la rancune, le refus de pardonner.

. le mensonge, et surtout l'entêtement dans le mensonge. Mais il ne paraît pas nécessaire de dire aux enfants de se confesser tous les samedis.

SEPTIÈME QUESTION

Quelles sont les grâces apportées par le SACREMENT DE PÉNITENCE ?
RÉPONSE :

Ne parlez pas de «grâces» au pluriel. La grâce c'est la vie divine elle-même. C'est le fait que nous sommes «christifés». C'est l'intensification de la vie divine en nous devant telle ou telle difficulté.

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