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mercredi 29 juin 2011

ANIMAUX ET SAINTS 1ère PARTIE

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NIMAUX ET SAINTS
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ANIMAUX ET SAINTS 1ère PARTIE
ANIMAUX ET SAINTS 2ème PARTIE
ANIMAUX ET SAINTS 3ème PARTIE
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- SALOMON 
- ÉLIE 
- DANIEL 
- LAZARE 
- SAINT FRONT 
- SAINTE PRISCA 
- SAINT PAVACE 
- SAINTE BLANDINE 
- SAINTE MARTINE 
- SAINT RÉGULUS (RIEUL) D'ARLES 
- SAINTE FOY D'AGEN 
- SAINT BLAISE DE SÉBASTE 
- SAINT PAUL L'ERMITE 
- SAINT PACÔME 
- SAINT ANTOINE LE GRAND 
- SAINT THÉODORE LE SANCTIFIÉ 
- SAINT MACAIRE LE GRAND L'ÉGYPTIEN 
- SAINT MACAIRE LE JEUNE D'ALEXANDRIE 
- SAINT MARTIN 
- SAINT CORENTIN
- SAINT JÉRÔME DE STRIDON
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Tout ce qui se meut et possède la vie vous servira de nourriture, je vous donne tout cela au même titre que la verdure des plantes. Seulement, vous ne mangerez pas la chair avec son âme, c’est-à-dire le sang. Mais je demanderai compte du sang de chacun de vous. J’en demanderai compte à tous les animaux et à l’homme, aux hommes entre eux, je demanderai compte de l’âme de l’homme.
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Dieu dit-il à Noé après le déluge : «Et moi, je vais établir mon Alliance avec vous et avec votre postérité après vous, avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, oiseaux, animaux domestiques et toutes les bêtes de la terre, depuis ceux qui sont sortis de l'arche jusqu'à tout animal de la terre»
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4 Il jugera les petits avec justice, et prononcera selon le droit pour les humbles de la terre. Il frappera la terre de la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.
5 La justice ceindra ses flancs, et la fidélité sera la ceinture de ses reins.
6 Le loup habitera avec l'agneau, la panthère reposera avec le chevreau ; le veau, le lion et le bœuf gras vivront ensemble, et un jeune enfant les conduira.
7 La vache et l'ourse iront au même pâturage, leurs petits auront un même gîte; et le lion mangera du fourrage comme le bœuf.
8 Le nourrisson s'ébattra sur le trou de la vipère, et dans le repaire du basilic l'enfant à peine sevré mettra sa main.
9 On ne fera point de mal et on ne détruira plus sur toute ma montagne sainte ; car le pays sera rempli de la connaissance de Yahweh, comme le fond des mers par les eaux qui le couvrent.
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«La création attend avec un ardent désir la manifestation des enfants de Dieu. La création, en effet, a été assujettie à la vanité - non de son gré mais par la volonté de celui qui l'y a soumise, - avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l'enfantement»
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LE ROI SALOMON
10 La sagesse de Salomon surpassait la sagesse de tous les fils de l'Orient et toute la sagesse de l’Égypte.
11 Il était plus sage qu'aucun homme, plus qu'Ethan l'Ezrahite, plus qu'Héman, Chalcol et Dorda, les fils de Mahol, et sa renommée était répandue parmi toutes les nations d'alentour.
12 Il prononça trois mille maximes, et ses cantiques furent au nombre de mille et cinq.
13 Il disserta sur les arbres, depuis le cèdre qui est au Liban jusqu'à l'hysope qui sort de la muraille ; il disserta aussi sur les quadrupèdes et sur les oiseaux, et sur les reptiles, et sur les poissons.
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LE ROI SALOMON
DANS LA TRADITION JUIVE
BETH.RIVKA.FREE
La reine de Saba, venue lui poser des questions qui se voulaient difficiles ou embarrassantes, est éblouie et séduite par l'intelligence que révèlent les réponses du monarque.
La sagesse de Salomon surpassait, nous dit la Bible, celle de tous les hommes de son temps, sagesse qui émanait d'une promesse divine reçue en rêve à la veille de son couronnement.
Il composait des proverbes et des hymnes, résolvait des énigmes, parlait la langue des animaux, des arbres, des oiseaux et des poissons. Sa sagesse relevait de l'ensemble de la sagesse universelle, tout en la surpassant. En sus de sa sagesse, l'autorité royale de Salomon provenait de son statut de roi consacré, supervisant le culte, offrant lui-même des sacrifices, bénissant le peuple comme un prêtre, et prenant une part active à la dédicace du Temple, la sanctification de la cour et la célébration de la fête de Soukkot. Le placement de l'arche d'Alliance au Temple marque également l'évolution d'un régime tribal en un système monarchique s'appuyant sur la sainteté. Les générations successives lui attribuent la paternité du Cantique des Cantiques, des Proverbes et de l'Ecclésiaste qui énumère les caractéristiques de la royauté.
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Le trône de Salomon était, d'après le MIDRACH, presque aussi beau que le Temple. Personne n'aurait pu construire une telle œuvre d'art, ni avant ni après lui. Il était entouré de joyaux et d'or et des animaux en gardaient l'abord. Ces animaux accompagnaient Salomon de marche en marche lorsqu'il montait sur le trône. (SANHÉDRIN 20b)
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LE PROPHÈTE ÉLIE
I ROI 17
2 Et la parole de Yahweh fut adressée à Elie, en ces termes :
3 «Pars d'ici, dirige-toi vers l'orient et cache-toi au torrent de Carith, qui est en face du Jourdain.
4 Tu boiras de l'eau du torrent, et j'ai commandé aux corbeaux de te nourrir là»
5 Il partit, et fit selon la parole de Yahweh ; et il alla s'établir au torrent de Carith, qui est en face du Jourdain.
6 Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, du pain et de la viande le soir, et il buvait de l'eau du torrent.
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LE PROPHÈTE DANIEL DANS LA FOSSE AUX LIONS
8 Tous les ministres du royaume, les intendants, les satrapes, les conseillers et les gouverneurs se sont entendus pour rendre un édit royal et publier une défense portant que quiconque, dans l'espace de trente jours, adressera des prières à quelque dieu ou homme, si ce n'est à toi, ô roi, sera jeté dans la fosse aux lions.
9 Maintenant, ô roi, porte la défense et écris le décret, afin qu'il n'y puisse être dérogé, selon la loi des Mèdes et des Perses, qui est irrévocable»
10 En conséquence, le roi Darius écrivit le décret et de la défense.
11 Lorsque Daniel eut appris que le décret était écrit,il entra dans sa maison, qui avait, dans la chambre hante, des fenêtres ouvertes du côté de Jérusalem. Trois fois par jour il se mettait à genoux, il priait et louait Dieu, comme il le faisait auparavant.
12 Alors ces hommes vinrent à grand bruit et trouvèrent Daniel priant et invoquant son Dieu.
13 Alors ils s'approchèrent du roi et lui parlèrent au sujet de la défense royale : «N'as-tu pas écrit une défense portant que quiconque, pendant trente jours, prierait quelque dieu ou homme, si ce n'est toi, ô roi, serait jeté dans la fosse aux lions ?» Le roi répondit et dit : «La chose est certaine, d'après la loi des Mèdes et des Perses, qui est irrévocable»
14 Alors ils reprirent et dirent devant le roi : «Daniel, l'un des captifs de Juda, n'a pas eu égard à toi, ô roi, ni à la défense que tu as écrite ; mais trois fois le jour il fait sa prière»
15 Le roi, entendant ces paroles, en eut un grand déplaisir ; quant à Daniel, il prit à cœur de le délivrer, et jusqu'au coucher du soleil il essaya de le sauver.
16 Alors ces hommes vinrent à grand bruit vers le roi, et ils dirent au roi : «Sache, ô roi, que c'est la loi des Mèdes et des Perses qu'on ne peut déroger à toute défense et tout décret rendu par le roi»
17 Alors le roi donna l'ordre qu'on amenât Daniel et qu'on le jetât dans la fosse aux lions. Le roi prit la parole et dit à Daniel : «Puisse ton Dieu, que tu sers constamment, te délivrer lui-même !»
18 On apporta une pierre et on la mit sur l'ouverture de la fosse ; le roi la scella de son anneau et de l'anneau des princes, afin que rien ne fût changé à l'égard de Daniel.
19 Le roi s'en alla ensuite dans son palais ; il passa la nuit à jeun et ne fit pas venir de femmes auprès de lui et le sommeil s'enfuit loin de lui.
20 Puis le roi se leva à l'aurore, au point du jour, et il se rendit en toute hâte à la fosse aux lions.
21 Quand il fut près de la fosse, il cria vers Daniel d'une voix triste. Le roi prit la parole et dit à Daniel : «Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu que tu sers constamment a-t-il pu te délivrer des lions ? »
22 Alors Daniel parla avec le roi : «O roi, vis éternellement! Mon Dieu a envoyé son ange et fermé la gueule des lions,qui ne m'ont fait aucun mal, parce que j'ai été trouvé innocent devant mon Dieu; et devant toi non plus, ô roi, je n'ai commis aucun mal !»
24 Alors le roi fut très joyeux à son sujet, et il ordonna de retirer Daniel de la fosse. Daniel fut donc retiré de la fosse,et on ne trouva sur lui aucune blessure, parce qu'il avait cru en son Dieu.
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LE PAUVRE LAZARE
LUC XVI
19 Il y avait un homme riche qui s'habillait de pourpre et de lin et qui, chaque jour, festoyait splendidement.
20 Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères
21 et désireux de se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; et même, les chiens venaient lécher ses ulcères.
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«LE LIVRE D'ÉNOCH»
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CATÉCHISME DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
LE RESPECT DE L'INTÉGRITÉ DE LA CRÉATION
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2415 Le septième commandement demande le respect de l'intégrité de la création. Les animaux, comme les plantes et les êtres inanimés, sont naturellement destinés au bien commun de l'humanité passée, présente et future (cf. Gn 1,28-31). L'usage des ressources minérales, végétales et animales de l'univers, ne peut être détaché du respect des exigences morales. La domination accordée par le Créateur à l'homme sur les êtres inanimés et les autres vivants n'est pas absolue; elle est mesurée par le souci de la qualité de la vie du prochain, y compris des générations à venir; elle exige un respect religieux de l'intégrité de la création (cf. CA 37-38).
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2416 Les animaux sont des créatures de Dieu. Celui-ci les entoure de sa sollicitude providentielle (cf. Mt 6,26). Par leur simple existence, ils le bénissent et lui rendent gloire (cf. Da 3,57-58). Aussi les hommes leur doivent-ils bienveillance. On se rappellera avec quelle délicatesse les saints, comme S. François d'Assise ou S. Philippe Neri, traitaient les animaux.
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2417 Dieu a confiés les animaux à la gérance de celui qu'Il a créé à son image (cf. Gn 2,19-20 9,1-4). Il est donc légitime de se servir des animaux pour la nourriture et la confection des vêtements. On peut les domestiquer pour qu'ils assistent l'homme dans ses travaux et dans ses loisirs. Si elles restent dans des limites raisonnables, les expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement recevables, puisqu'elles contribuent à soigner ou épargner des vies humaines.
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2418 Il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies. Il est également indigne de dépenser pour eux des sommes qui devraient en priorité soulager la misère des hommes. On peut aimer les animaux ; on ne saurait détourner vers eux l'affection due aux seules personnes.
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SAINT FRONT +74
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SAINT FRONT s'apprêtait à monter à l'autel le jour de la pentecôte.
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Il s'aperçut alors que le vin manquait. Or, il n'était pas facile de s'en procurer dans cette contrée désertique.
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Il se disait en lui-même qu'il n'allait pas pouvoir célébrer le saint sacrifice, et cette pensée le désola profondément.
Il se recueillit et pria avec une grande ferveur.
Tout à coup, un immense cri d'admiration s'échappe de l'assemblée des fidèles : une colombe d'un blanc resplendissant, apparaît dans les airs, tenant en son bec une petite fiole pleine de vin. Elle plane doucement quelques instants, puis descend au-dessus de la tête du saint
évêque, et enfin elle se pose sur l'autel, y place son précieux fardeau et reprend son vol, répandant autour d'elle un parfum d'une odeur des plus suaves.
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SAINT FRONT rendit grâces à DIEU d'un tel bienfait et put commencer de dire la messe.
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Tous les fidèles présents, saisis d'admiration à la vue d'un miracle si inattendu, redoublèrent de ferveur.
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SAINTE PRISCA OU PRISCILLE (Ier ou IIIème siècle)
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On ne sait exactement si elle fut martyre sous le règne de CLAUDE TIBÈRE (45-54) ou sous celui de CLAUDE-LE-GOTHIQUE (268-270).
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Dans le premier cas, elle serait alors la plus ancienne martyre de l'Église de Rome.
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Jeune fille de 13 ans, elle fut martyrisée vers 54 (?) et condamnée à mort.
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Jetée dans un cirque pour servir de spectacle aux romains. On lâcha les bêtes féroces pour la dévorer. Un gros lion fonça sur elle, bien qu’affamé, il se coucha aux pieds de la jeune fille.
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Le lion s’endormit comme un agneau.
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Furieux les romains décapitèrent PRISCA.
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SAINT PAVACE +117
[...] Toutefois, les merveilles qu'opérait PAVACE furent connues non-seulement dans la contrée qui en avait été témoin, mais encore dans les pays voisins ; elles réjouirent et affermirent dans la foi les nouveaux fidèles. Il obtint par ses prières une grâce beaucoup plus signalée encore. Une peste, causée par la corruption de l'air, décimait la population dans tout le territoire des Cénomans le saint évêque fut vivement ému de ce malheur, et il recourut à la prière pour fléchir le courroux de DIEU ; il joignit le jeûne à l'oraison et fut enfin exaucé. La peste cessa, et non-seulement les fidèles, mais encore toute la population du pays, lui fut redevable de son salut.
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Peu de temps après cet événement, un serpent d'une grandeur et d'une férocité prodigieuse parut dans la contrée. Telle était la terreur que
répandait ce terrible animal, que tous les villages voisins de son repaire voyaient leurs habitants s'enfuir, et chercher plus loin un asile moins dangereux. Ce monstre n'épargnait ni les hommes ni les animaux, l'air même était infecté de son souffle pestilentiel. La terreur chaque jour croissante arrêtait les hommes les plus courageux, et nul n'osait approcher du lieu qui lui servait de retraite. PAVACE seul se montra sans crainte il alla à la caverne du dragon, le terrassa par la force du signe de la Croix, l'enlaça dans les plis de son étole, puis il fit approcher les fidèles qui l'avaient suivi, mais qui s'étaient arrêtés à distance, retenus par l'effroi. L'aspect seul du serpent, tout terrassé qu'il était, les glaçait encore d'épouvante le Saint les força d'approcher, voulant qu'ils fussent témoins du prodige. Mais là ne se borna pas la merveille PAVACE se mit en prière, la terre s'entr'ouvrit, et le monstre disparut pour toujours. [...]
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La Providence sembla prendre plaisir à répandre la réputation de PAVACE bien au-delà des limites du pays des CÉNOMANS, des DIABLINTES et des
ARVIENS. Un habitant du pays des ANDEGAVES travaillant à la moisson, au milieu de la campagne, et s'étant couché à terre pour reposer quelque temps, un reptile s'introduisit subtilement dans son corps aussitôt ce malheureux éprouva d'effroyables douleurs, et on eut beau appeler les médecins, ils ne purent le soulager. Cet homme était chrétien il mit tout son espoir dans le DIEU qu'il adorait, et se fit conduire dans l'oratoire que les premiers apôtres des ANDEGAVES avaient consacré à DIEU, en l'honneur de SAINT JEAN-BAPTISTE, sous les murs de la ville. Il resta là quelque temps, espérant sa guérison. Une nuit qu'il y était en prière, le sommeil s'empara de lui, et pendant son repos, il reçut ordre du ciel d'aller trouver PAVACE, l'évêque des CÉNOMANS, qui devait lui rendre la sauté. Ce malheureux se hâta de venir se jeter aux pieds du saint prélat, qui le guérit en présence de beaucoup de personnes, ayant fait sur lui le signe de la Croix.
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SAINTE BLANDINE DE LYON +177
[...] On livra BLANDINE aux bourreaux ; c’était une esclave ; on n’avait rien à ménager avec ces créatures que dédaignait l’orgueil antique. Les Romains avaient moins de souci d’un esclave que nous n’en avons aujourd’hui d’un boeuf ou d’un cheval. BLANDINE fut mise à la torture ; il semblait que du premier coup on allait briser ses membres délicats, ou forcer la pauvre femme à crier grâce ; mais l’esprit de JÉSUS-CHRIST l’animait ; elle résista avec un courage héroïque et une force surhumaine. Depuis le point du jour jusqu’au coucher du soleil, supplices et bourreaux se succédèrent ; on s’acharna sur ce corps déchiré de coups et qui n’avait déjà plus forme humaine ; on le lacéra avec des ongles de fer ; on le troua de toutes parts ; plus d’une fois le chevalet rompit sous l’effort des cordes qui tendaient les membres de la victime, rien ne put réduire la noble martyre.
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«Elle était, dit le récit contemporain, comme un généreux athlète. La douleur même ranimait ses forces et son courage. On eût dit qu’elle oubliait ses souffrances et qu’elle trouvait le repos et une énergie nouvelle dans ces mots, qu’elle répétait sans cesse : Je suis chrétienne ; chez nous on ne fait rien de mal»
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Quand la nuit fut venue, on la jeta pèle-mêle avec les autres martyrs dans une prison obscure et sans air ; on lui plaça les pieds sur un bloc de bois, troué de place en place, si bien que la pauvre victime ne put même pas trouver de repos pour son corps brisé ; on la réservait pour un supplice plus éclatant. Elle avait bravé le proconsul et vaincu la menace des lois humaines, il lui fallait maintenant servir aux plaisirs sanglants du peuple ; c’est à l’amphithéâtre, un jour de fête, qu’elle devait mourir.
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Pour hâter la vengeance et pour animer la rage populaire, le proconsul ordonna des jeux extraordinaires. Il s’était promis d’amuser la foule ; aussi chaque martyr devait-il mourir par un supplice particulier. Loin de s’effrayer de cette terrible épreuve, les frères voyaient arriver avec joie le jour et l’heure des tourments. La délivrance approchait. Ces supplices divers, qui allaient les réunir dans une même mort, c’était, disaient-ils, comme autant de fleurs de couleurs variées qui formaient une même couronne d’immortalité, offrande digne de plaire au Seigneur.
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Parmi les martyrs réservés aux bêtes de l’amphithéâtre, on avait mis les plus courageux, ceux qui, après avoir lassé les bourreaux, sauraient le mieux affronter la dent des lions et des léopards. Au premier rang figuraient deux Romains, MATURUS et SANCTUS, avec un Grec, venu de Pergame, Attale, que l’on appelait la colonne de pierre angulaire de l’Église lyonnaise ; à côté d’eux, meurtrie et mutilée, mais, toujours indomptable, était la pauvre BLANDINE.
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MATURUS et SANCTUS, qu’on avait torturés plusieurs fois, furent tourmentés de nouveau dans l’amphithéâtre pour assouvir la cruauté d’une foule insensée. On les battit de verges, on les jeta aux bêtes, qui les déchirèrent ; le peuple voulait une mort cruelle. Sur les cris de l’assemblée, on les retira de l’arène à demi morts, pour les asseoir sur une chaise de fer qu’on fit rougir. Malgré tout on ne put réduire leur constance ; MATURUS ne poussa pas un soupir. SANCTUS ne prononça d’autres paroles que celles qu’il avait répondues le premier jour au proconsul, et qui l’avaient soutenu au milieu des supplices : «Je suis chrétien» Furieux de se voir vaincu par l’énergie de ces hommes sans défense, le peuple ordonna d’étrangler les deux martyrs. Le tour de BLANDINE était venu.
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On l’attacha à un poteau, les bras étendus, pour l’exposer ainsi aux animaux féroces. Sur son visage fatigué brillait comme une lueur divine ; elle mourait pleine de foi et d’espérance, car elle mourait pour le Christ et par le même supplice. Pour tous les frères qui la contemplaient, c’était une joie profonde de voir et d’admirer le courage de leur soeur ; tous se rappelaient le divin martyr du Calvaire, et tous, bénissant le Seigneur, faisaient des voeux pour la délivrance et la gloire de BLANDINE ; mais les bêtes, moins féroces que les hommes, ne voulurent point toucher au corps de la sainte ; l’effort des bestiaires fut impuissant pour les animer. Elles rentrèrent en grondant au fond de la cage. Au grand déplaisir des spectateurs, il fallut détacher BLANDINE et la remettre en prison ; on la réservait pour une nouvelle fête de meurtre et de sang.
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SAINTE MARTINE +226
[...] L’empereur ALEXANDRE régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de JÉSUS-CHRIST trouvèrent sainte MARTINE en prières dans une église et l’arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête ; mais, conduite à l’empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles ; celui-ci ne l’en fit pas moins conduire au temple d’Apollon. En y entrant, MARTINE, s’armant du signe de la Croix, pria JÉSUS-CHRIST, et à l’instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l’idole. L’empereur, irrité, commanda qu’on frappât la vierge à coups de poings et qu’on l’écorchât avec des ongles de fer ; MARTINE souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d’autres qu’une lumière divine renversa et convertit.
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Conduite de nouveau devant l’empereur, MARTINE refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles ; ALEXANDRE la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s’arrêtèrent de fatigue. MARTINE fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l’huile bouillante ; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres. L’empereur, effrayé, laissa MARTINE aux mains du président JUSTIN qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu’il la crut morte ; mais s’apercevant qu’il se trompait :
- «MARTINE, lui dit-il, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés ?»
- «J’ai mon Seigneur JÉSUS-CHRIST qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons»
Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.
L’empereur, informé de ce qui s’était passé, ordonna que MARTINE fût menée dans l’amphithéâtre afin d’y être exposée aux bêtes ; mais un lion, qu’on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies ; mais comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d’ALEXANDRE et le dévora. Ramenée en sa prison, MARTINE fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps dont on voyait tous les os.



- «MARTINE, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée».
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- «Je suis chrétienne et je confesse JÉSUS-CHRIST».
Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l’avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l’instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu’on lui eût fait couper les cheveux. L’empereur la croyait magicienne et s’imaginait que sa force résidait dans sa chevelure. Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de DIEU. Ne sachant plus que faire, ALEXANDRE lui fit couper la tête. Le corps de MARTINE demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu’au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.
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SAINT RÉGULUS (RIEUL) D'ARLES +270
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Évêque d’Arles et de Senlis, né à Athènes et mort vers 130.
Disciple de JEAN L'ÉVANGÉLISTE. Un jour une mère lui apporte son enfant malade car possédé par le démon. Par ses prières, RIEUL chasse le démon qui s’en va se réfugier dans le corps d’un petit âne. Mais l’animal, averti par RIEUL, fit avec son sabot le signe de Croix sur le sol et le démon s’en alla.

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Les grenouilles se taisent. A la fin, RIEUL les bénit et elles reprennent leurs coassements.
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A tous les anniversaires de la mort de RIEUL, on voyait les cerfs et les biches venir s’agenouiller devant son tombeau.
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RIEUL prêchait à côté d’un étang. Des milliers de grenouilles coassaient et empêchaient le Saint homme de se faire entendre. Il leur demanda au nom du créateur d’arrêter ce vacarme, à l’exception de l’une qui pourrait continuer à chanter.
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SAINT FOY D'AGEN +303
[...] Un chevalier du POITOU se rendait en pèlerinage à ROME. Monté sur son beau cheval roux, il était suivi de son brave mulet chargé de ses males.
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Tout-à-coup, celui-ci s'arrête de marcher et s'effondre, si bien que sa mort ne fait aucun doute.
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Un pèlerin qui croisait son chemin, voyant le mulet à l'agonie, lui dit :
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- «Messire, priez donc SAINTE FOY, et vous obtiendrez sa guérison !»
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Mais les prières du pauvre homme furent inutiles et la mort fit son oeuvre.
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Un brave aubergiste, dont l'hôtellerie était proche, vint lui proposer ses services. Le Seigneur, l'air désolé, lui dit :
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- «Je vais jusqu'à la ville sainte et je n'ai pas le temps d'enterrer la malheureuse. Voulez-vous vous charger de cette corvée ?»
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- «J'accepte volontiers à condition que vous fassiez une prière pour moi sur le tombeau des apôtres»
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Le Seigneur tout attristé, reprit sa route, après avoir laissé le corps sans vie au tavernier à qui il remit une bourse pour le dédommager de son travail.
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Soudain, à quelques mètres de là, retentirent derrière lui, le pas rapide d'un animal et les cris d'un homme essoufflé, courant à sa poursuite.
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Notre pèlerin se retourne et reconnaît son mulet galopant à bride abattue pour le rattraper, suivi de l'hôtelier.
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Alors le chevalier s'arrête, demande des explications au brave homme qui lui dit :
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Vous étiez à peine parti que je m'apprêtais à creuser la fosse, quand, d'un bond rapide, l'animal se redresse et se lance à toutes jambes pour vous rejoindre.
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- «Vous voyez que votre prière à SAINTE FOY a été exaucée. Laissez-moi vous rendre la bourse que je n'ai pas méritée»
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SAINT BLAISE DE SÉBASTE +316
[...] Après que BLAISE fut désigné comme évêque de Sébaste et pour échapper aux persécutions de Dioclétien, le saint gagna une caverne où il vécut en ermite. Les oiseaux lui apportaient sa subsistance, et les animaux s'assemblaient autour de lui pour recevoir sa bénédiction ou pour être guéri lorsqu'ils étaient malades.
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Lors d'une partie de chasse, les soldats du gouverneur local tombèrent sur cette grotte, et virent la foule des animaux autour de BLAISE, mais ils n'en purent capturer aucun. Aussi le gouverneur fit-il amener le saint sous bonne escorte. En route, BLAISE sauva un enfant mourant qui avait avalé une arête de poisson, et obtint d'un loup qu'il restituât un pourceau qu'il avait ravi à une pauvre veuve. Le gouverneur, ne pouvant obtenir de lui qu'il sacrifiât à ses dieux, le fit jeter en prison. Là, la veuve lui apporta du pain et la tête de son pourceau, ainsi qu'une chandelle : ceci explique l'utilisation de chandelles dans le culte du saint. Par la suite, le gouverneur le fit torturer à l'aide de peignes de fer qui lacéraient ses chairs, puis ordonna qu'on le jette dans un étang. Mais alors BLAISE fit un signe de croix, et la surface de l'étang devint pour lui solide. Le gouverneur le fit alors décapiter. Lors de sa mort, le saint demanda à DIEU que quiconque l'invoquerait pour un mal de gorge ou une autre maladie fût exaucé, et cela lui fut accordé.
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SAINT PAUL L'ERMITE 229/342
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PAUL (235 -340) avait quinze ans à la mort de son père ; après un désaccord avec son frère aîné au sujet de l'héritage, il renonça aux biens de ce monde et se rendit dans le désert oriental intérieur; là, il vécut quatre-vingts ans sans voir personne, dans une grotte près d'une source, vêtu d'un habit en feuilles de palmier et nourri d'un demi pain qu'un corbeau lui apportait quotidiennement.
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Comme SAINT ANTOINE LE GRAND et SAINT PAUL s'entretenaient de la sorte ils virent un corbeau qui, après s'être reposé sur une branche d'arbre, vint de là, en volant tout doucement, apporter à terre devant eux un pain tout entier. Aussitôt qu'il fut parti Paul commença à dire :

«Voyez, je vous supplie, comme DIEU, véritablement tout bon et tout miséricordieux, nous a envoyé à dîner. Il y a déjà soixante ans que je reçois chaque jour de cette sorte une moitié de pain ; mais depuis que vous êtes arrivé JÉSUS-CHRIST a redoublé ma portion, pour faire voir par là le soin qu'il daigne prendre de ceux qui, en qualité de ses soldats, combattent pour son service».
Ensuite, ayant tous deux rendu grâces à DIEU, ils s'assirent sur le bord d'une fontaine aussi claire que du cristal, et voulant se déférer l'un à l'autre l'honneur de rompre le pain, cette dispute dura quasi jusqu'à vêpres, Paul insistant sur ce que l'hospitalité et la coutume l'obligeaient à cette civilité, et ANTOINE la refusant à cause de l'avantage que l'âge de PAUL lui donnait sur lui. Enfin ils résolurent que chacun de son côté, prenant le pain et le tirant à soi, en retiendrait la portion qui lui demeurerait entre les mains. Après, en se baissant sur la fontaine et mettant leur bouche sur l'eau, ils en burent chacun un peu, et puis, offrant à DIEU un sacrifice de louanges, ils passèrent toute la nuit en prières.
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SAINT PACÔME 292/348
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PACÔME fut d’abord un soldat païen. Il se convertit et devin ermite dans le désert sur les bords du Nil.
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Les animaux le respectaient. Les lions, les tigres, les serpents, les scorpions vivaient non loin de son refuge et ne lui faisaient aucun mal.

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Il grimpait sur le dos de l’un d’eux et voyageait le long du Nil. Accompagné de tous les crocodiles, il pouvait ainsi faire le trajet en quelques heures.
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Au retour les crocodiles l’attendaient et le ramenaient chez lui.
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PACÔME se devait de visiter ses frères moines et ses
monastères, très éloignés dans l’immensité du désert.
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Il se rendait alors au bord du fleuve où l’attendaient ses amis les gigantesques crocodiles.
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SAINT ANTOINE LE GRAND 251/356
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Un jour, en Espagne, un roi se lamentait de voir la reine possédée par le démon. Tout avait été essayé pour la délivrer, les plus grands mages, médecins, sorciers… rien n’y faisait la reine dépérissait.
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En désespoir de cause, le roi envoya ses émissaires auprès de SAINT ANTOINE, qui accepta de venir en Espagne.
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L’homme de DIEU arriva et se rendit aux côtés de la reine. Il prit la main de la reine et pria.
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Le démon s’enfuit et le miracle se produisit. La reine pleurait de joie de retrouver le roi et ses enfants. Quel bonheur dans le palais, dans la ville, dans tout le royaume.
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Le roi organisa une grande fête pour remercier l’homme de Dieu. Mais ANTOINE fuyait ces honneurs et n’avait qu’une envie… retourner dans son désert.
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Il quitta discrètement la foule et le palais. ANTOINE se sentit retenu au bas de son manteau.
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«Très Saint homme tu as guéri la reine, fais la même chose pour mon petit qui est aveugle et ne peut pas marcher».
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ANTOINE très ému, passa sa main sur les yeux et les pattes du petit cochon, qui retrouva sa santé et se mit à courir et sauter dans le palais.
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Tout le peuple fut empli de joie de voir un tel miracle.
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Il se retourna et vit une truie qui mordait son vêtement, il se dégagea et voulut partir, mais l’animal insistait.
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ANTOINE remarqua auprès de la truie, un petit cochon les yeux fermés et les deux pattes d’avant atrophiées. La truie dit à ANTOINE
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Il remercia le Saint homme de traiter avec le même respect une reine et un cochon.
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ANTOINE se retira et le petit cochon le suivit. Le petit cochon refusa de quitter son sauveur, il l’accompagna dans le désert.
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Le petit cochon vécut très, très longtemps aux côtés de SAINT ANTOINE, qui en fit son fidèle compagnon.
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Des siècles plus tard en France, le roi LOUIS LE GROS vit son jeune fils mourir devant ses yeux.
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Le cheval du petit prince avait été effrayé par un cochon qui divaguait dans la rue.
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Le roi prit un édit qui interdisait de laisser les cochons en liberté dans les rues du royaume.
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Les moines de l’abbaye SAINT ANTOINE se révoltèrent auprès du roi contre cette loi.
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Le roi les autorisa à laisser leur cochon en liberté à condition qu’ils portent une clochette au cou.
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SAINT THÉODORE LE SANCTIFIE +368
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[...] THÉODORE prêchait dans le désert devant une foule de fidèles. Deux vipères s’approchèrent de lui et s’enroulèrent autour de ses jambes. L’homme les saisit, en fit un cercle et les posa sur sa poitrine.
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Les fidèles furent horrifiés et émerveillés par le miracle.
Les deux serpents restèrent là et écoutèrent les paroles de l’homme.
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Elles ne lui firent aucun mal.
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THÉODORE les bénit et elles s’en allèrent dans le sable du désert.
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SAINT MACAIRE LE GRAND L'ÉGYPTIEN 300/391
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Arménien, archevêque d'Antioche. Après avoir été martyrisé en Palestine, il traverse la France, la Belgique et la Bavière.
Il avait été à l’école de SAINT ANTOINE et vivait retiré dans le désert. Une fois, qu’il était resté loin de sa grotte longtemps, il trouva à son retour un homme chez lui qui lui déménageait sa demeure. Il chargeait le peu que possédait MACAIRE sur un chameau.
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MACAIRE salua l’homme et l’aida même à lever sa table et à transporter ses propres affaires.
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Un autre aurait mis le voleur en fuite, mais notre homme préféra l’aider, puisque telle était la volonté du Seigneur.

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Quand tout fut terminé, le chameau refusa de se lever. MACAIRE comprit qu’il restait encore quelque chose dans la grotte. Il alla chercher la dernière bûche.

MACAIRE proposa même à l’homme de l’accompagner. Chemin faisant, il priait avec l’homme et remerciait DIEU de lui avoir fait voler tout ce qu’il possédait car, MACAIRE pensait qu’il
vivait dans l’opulence.
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Quand le chameau entendit ces paroles et qu’il comprit qu’il transportait la maigre richesse du Saint homme, il fit demi-tour malgré les coups de bâtons du voleur.
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Le voleur comprit aussi sa faute, demanda mille pardons à MACAIRE et devint un de ses disciples.
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SAINT MACAIRE LE JEUNE D'ALEXANDRIE 293/393
[...] MACAIRE priait dans sa petite cellule depuis des heures. Il entendit frapper à la porte. Quand il ouvrit, il fut saisi de terreur. Une gigantesque lionne se tenait là, avec un lionceau dans sa bouche.
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MACAIRE avança sa main lentement, caressa les yeux et pria. Le petit lion se démena et cria, la lionne le posa par terre. Le petit se mit à courir et à s’amuser en tirant sur la cape de MACAIRE qui riait et remerciait le Seigneur.
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La lionne se coucha et son petit téta longtemps en poussant de petits cris de joie
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MACAIRE vit les yeux du jeune lion fermés. Il se souvint de SAINT ANTOINE et du petit cochon en Espagne. Il comprit que le lionceau était aveugle et que sa maman voulait le guérir
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La lionne s’agenouilla devant MACAIRE, lui lécha les pieds et les mains. Le Saint homme bénit la petite famille qui s’en alla dans le désert..
Quelques temps après, la lionne revint et apporta au sauveur de son fils, une magnifique peau de brebis.
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MACAIRE refusa le cadeau et réprimanda la lionne :
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«Tu ne me devais rien. Je n’ai fait que la volonté de notre créateur. Pour m’apporter ce présent, tu as volé une brebis à quelqu’un qui en avait besoin pour vivre. Tu as tué une créature de DIEU, tu devrais avoir honte d’user de ta force pour faire le mal. J’accepte cette peau, car tu as quand même eu une bonne intention malgré ta méchanceté. Mais promets moi de ne plus recommencer, de te servir de ta force pour faire le bien autour de toi».
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La lionne se coucha et se retourna sur le dos. Elle tendait sa patte à MACAIRE en pleurant.
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MACAIRE la pardonna et la bénit. La lionne resta des heures la tête posée sur les genoux de MACAIRE, tous les deux pleuraient.
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La lionne et ses petits ne firent plus de mal. Ils ne tuaient que pour manger. La famille des lions rendait souvent visite à MACAIRE et ils restaient ensemble longtemps à prier.
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SAINT MARTIN 316/397
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«À peu près à cette époque, en revenant de Trèves, MARTIN rencontra une vache agitée par le démon ; elle avait quitté le troupeau, se précipitait sur tous ceux qu’elle rencontrait, et avait déjà frappé plusieurs personnes. Lorsqu’elle fut près de nous, ceux qui la suivaient de loin se mirent à nous crier de prendre garde ; mais MARTIN éleva la main au moment où elle s’approchait toute furieuse avec des yeux menaçants, et lui commanda de s’arrêter. À cet ordre, elle demeura aussitôt immobile. Ce fut alors que MARTIN vit un démon assis sur son dos, et lui dit :
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«Misérable, éloigne-toi de cet animal innocent et cesse de l’agiter».
L’esprit malin obéit et disparut. La vache, ayant assez d’instinct pour comprendre sa délivrance, devint tranquille, se prosterna aux pieds du Saint, et sur son ordre regagna le troupeau, qu’elle suivit plus douce qu’une brebis. Ce fut cette époque que MARTIN sortit sain et sauf du milieu des flammes.
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Je ne crois point devoir rapporter ce fait ; car, quoique SULPICE l’ait omis dans son livre ; il l’a cependant raconté avec détail dans sa lettre à EUSÈBE, alors prêtre et récemment devenu évêque».
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SAINT CORENTIN 375/401
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On sait que SAINT CORENTIN, jeune encore, se retira dans un ermitage au bord de la forêt de Névet, au territoire de Plomodiern et qu'il y vivait dans la pénitence. Voici comment en parle SAINT ALBERT LE GRAND :
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«Pour sa nourriture et sustentation en cette solitude, DIEU faisoit un miracle admirable et continuel : car, encore qu'il se contentast de quelques morceaux de gros pain, qu'il mendioit quelques fois ès villages prochains, et quelques herbes et racines sauvages, que la terre produisoit d'elle-mesme, sans travail ny
industrie humaine, DIEU luy envoya un petit poisson en sa fontaine, lequel, tous les matins, se présentoit au Saint, qui le prenoit et en coupoit une pièce pour sa pitance, et le rejetoit dans l'eau, et, tout à l'instant, il se trouvoit tout entier, sans lésion ny blesseure, et ne manquoit taus les matins, à se présenter à SAINT CORENTIN, qui faisoit toujours de mesme».
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L'ancienne hymne de la fête de SAINT CORENTIN relatait ce prodige en ces termes :
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«Carne dum piscis redit integrata - In cibum sese toties daturus, - Aequa lex strictoe quoties suadet - Prandia mensoe».
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Ce miracle du poisson se renouvelle encore d'une façon plus admirable lors d'une visite inopinée du roi Grallon au saint ermite :
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«Un jour Gralion estant allé à la chasse, donna jusques dans la forêt de Névet, en la paroisse de Plomodiern, proche l'ermitage de SAINT CORENTIN ; et ayant chassé tout le jour, sur le soir, il s'égara dans la forest, et enfin se trouva près de l'ermitage du Saint, avec une partie de ses gens, ayant tous bon appétit : ils descendirent et s'adressèrent au saint ermite, luy demandèrent s'il ne pourroit pas les assister de quelques vivres ?
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«Ouy, répondit-il, attendez-moi un petit, et je vous en vays quérir». Il s'en alla à sa fontaine, où son petit poisson se présenta à luy, du quel il en coupa une pièce de dessus le dos et la donna au maistre d'hostel du Roy, luy disant qu'il l'apprestast pour son maistre et les seigneurs de sa suite ; le maistre d'hostel se prit à rire et se moqua du saint, disant que cent fois autant ne suffiroit pour le train du Roy. Néanmoins contraint par la nécessité, il prit ce morceau de poisson, le quel (chose estrange !) se multiplia de telle sorte, que le Roy et toute sa suite en furent suffisamment rassasiez. Le Roy, ayant veu ce grand miracle, voulut voir le poisson du quel le saint avait coupé ce morceau et alla à la fontaine, où il le vid, sans aucune blesseure, dans l'eau».
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SAINT JÉRÔME DE STRIDON 347/420

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UN jour que le grand saint JÉRÔME SE promenait dans le désert de Palestine, il aperçut un lion, couché derrière un palmier.
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Sa première impression fut très désagréable. Car il aimait la solitude et, s’il se promenait dans le désert, c’était apparemment pour fuir toute compagnie. Il méditait alors une diatribe contre RUFIN. La vue de ce lion avait brouillé le fil de ses idées. Mais il réprima promptement son impatience, réfléchit au danger qui le menaçait et se mit à invoquer Dieu de tout son cœur.
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Le lion ne bougeait pas, SAINT JÉRÔME s’approcha. Il vit que l’animal se léchait la patte d’une mine dolente; sa queue, raide comme fer, lui battait les flancs à coups secs des plaques de sang marquaient le sable.
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SAINT JÉRÔME fit le signe de la croix, mit un genou en terre, avança la main. Le lion lui tendit la patte. Il avait entre les griffes une grosse épine de cactus.
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«Voilà ce que c’est ! dit SAINT JÉRÔME. Tu cours après les antilopes, les gazelles, les caravanes, sans prendre garde où tu poses le pied. N’est-ce pas toi qu’on a vu rôder autour de notre monastère ? Nous avons un âne, et je crains bien que...» 
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Mais le lion, de la tête, faisait signe que non, qu’il ne mangeait pas les ânes et n’avait jamais marché que dans les voies de la vertu.
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«DIEU te guérisse ! dit le saint, en arrachant l’épine. Tâche d’être un bon lion»
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Puis, il souffla sur la patte blessée, pour en chasser la douleur, se releva péniblement, en s’accrochant au dos de la bête, car il était déjà très vieux et, comme le jour tombait, reprit le chemin du monastère.
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Il avait toutes les peines du monde à remettre en ordre ses réflexions ; le lion le suivait
clopin-clopant, et lui donnait de fréquentes distractions.
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Au monastère, ce fut un branle-bas. La communauté se bousculait autour du bon père et de son lion. Un vieux moine, qui gardait le silence depuis soixante-dix-huit ans, s’écria qu’il voyait là une chose extraordinaire. Les petits novices se mirent à courir, au mépris de la règle, et certains perdirent leurs sandales en chemin, ce qui est pour un novice une honte ineffaçable.
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Puisque le lion voulait rester, il fallait bien le loger quelque part. On pensa d’abord l’héberger à l’écurie, près de l’âne. SAINT JÉRÔME qui, malgré son humeur bougonne, avait un cœur d’or et prévoyait tout, s’y refusa. L’âne aurait eu trop peur, la première nuit, n’étant pas habitué à ce nouveau compagnon.
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«Notre âne verra bien que le lion a mal au pied, mon père, lui disaient les moines»
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«Hé ! répondait SAINT JÉRÔME, il serait plus rassuré s’il lui voyait mal aux dents... Du reste, le coq perche à l’autre bout de l’étable et le chant du coq ne plaît guère au lion. Il faut que celui-là soit heureux chez nous»
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On laissa donc le lion à l’intérieur du cloître, sur la pelouse. On le combla de caresses et de prévenances. On lui recommanda de ne pas coucher sur les dalles de pierre, où il risquait de prendre des rhumatismes, à quoi les lions sont fort sujets, et l’on défendit sévèrement aux novices de mettre le nez à la fenêtre de leur cellule pour le regarder, ce dont ils avaient grande envie.
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Notre lion prit goût à la vie cénobitique. Il faisait excellent ménage avec l’âne et le coq ; il se contentait de la cuisine commune, se montrait affable envers chacun, mais marquait à saint Jérôme un attachement particulier. Si quelque bon religieux, les yeux baissés, et les mains dans les manches, venait par mégarde à lui marcher sur la queue, il ne se fâchait pas.
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Il édifiait tous ceux qui l’approchaient.
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Mais l’oisiveté ne vaut rien. SAINT JÉRÔME s’inquiéta bientôt de voir ce lion inoccupé. Il lui assigna pour tache de surveiller l’âne qui pâturait dans une prairie, aux abords du désert, où passaient fréquemment des nomades de mauvaise mine.
À force de regarder son âne, le lion contracta le défaut commun à tous gardiens, surveillants, concierges et autres gens de métier sédentaire : il se laissait aller de temps en temps à risquer de petits sommes.
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Il se disait : «Je ne dors pas, j’ai bon œil, tout va bien...» Tout alla si bien qu'un beau jour, des Bédouins du désert, mauvaises gens, hardis à nuire et ne respectant rien, enlevèrent l’âne.
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Le lion le chercha jusqu'au soir, en poussant des rugissements de douleur. Il s’était juré de ne pas reparaître avant de l’avoir retrouvé. Mais il avait perdu l’habitude de coucher à la belle étoile. Une grosse lune blême, qui grimpait sur la cime des palmiers, lui fit peur. Il revint seul, désespéré.
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«Tu as mangé l’âne ! Avoue, misérable, tu as mangé l’âne, lui dirent les moines»
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Le pauvre lion eut beau protester par tous les moyens en son pouvoir qu’il n’avait pas mangé l’âne, on demeura persuadé qu’il s’était rendu coupable du plus horrible abus de confiance dont les annales monastiques eussent jamais fait mention.
Le chapitre décida qu’il jeûnerait quinze jours au pain et à l’eau. Personne ne le caressait plus. SAINT JÉRÔME évitait de le regarder, et c’est ce qui causait le plus de chagrin au pauvre lion.
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Il subit son jeûne avec une humilité exemplaire, puis, la pénitence achevée, il disparut.
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«C’était à prévoir ! s’écrièrent les moines. Il a mangé l’âne, et maintenant, il apostasie. C’est bien simple»
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Mais SAINT JÉRÔME ne disait rien. La disparition du lion semblait l’affecter plus vivement que la mort de l’âne. On voyait qu’il avait beaucoup de peine et qu’il méditait profondément. La chose ne lui paraissait point si simple que cela.
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Le lion cherchait son âne. Il ne voulait pas mourir avant d’avoir reconquis l’estime du saint homme JÉRÔME. Il chercha partout et vous pensez bien qu’il se mit encore plus d’une épine dans les pattes. Il parcourut la Syrie, l’Arabie, la Cappadoce, qui sont des pays très lointains. Des historiens prétendent même qu’on le vit en Morvan, aux environs d’Autun, mais leur dire est contestable. Quoi qu’il en soit, le brave animal n’épargna pas ses fatigues. Il chercha plusieurs années sans rien trouver.
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Enfin, sentant que ses forces baissaient et qu’il n’en avait plus pour longtemps, il retourna au monastère.
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Et, comme il était arrêté au sommet d’une colline, le cœur brisé d’amour et de regret, regardant de loin la fenêtre du saint homme JÉRÔME et le puits des moines, et l’écurie, qu’avisa-t-il soudain, débouchant là-bas sur la route ? Une caravane de Bédouins. Et en tête de la caravane, que vit-il ? Son âne ! Son âne qui trébuchait sous une charge cruelle et que les méchants Bédouins rouaient de coups.
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Au rugissement qu’il poussa, la caravane prit la fuite, mais par un mouvement tournant des plus adroits, le lion, qui savait ce qu’il voulait, la rabattit sur le monastère.
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L’âne eut vite reconnu les lieux qui l’avaient vu naître et fit une telle musique que la porte s’ouvrit.
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«Notre âne ! s’écrièrent les moines. Notre âne vit encore. Le lion ne l’avait donc pas mangé. Où est-il maintenant, ce pauvre lion ? Il est sans doute mort de chagrin, s’il ne s’est tué de désespoir. Ah ! que nous avons été injustes envers lui !»
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Mais SAINT JÉRÔME levait les bras au ciel et de grosses larmes lui coulaient sur la barbe, car aussitôt après le dernier Bédouin, le lion venait de bondir dans la cour et s’aplatissait aux pieds de son vieil ami, qui se penchait pour l’embrasser.
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Il ne se releva plus, le pauvre lion, il était mort.
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