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LISTE DES MEMBRES FRANCS-MAÇONS INTERNATIONAUX DE LA COMMISSION TRILATÉRALE ANNÉES 2008 - 2009 – 2010 – 2011 - 20012 - 2013



LISTE DES MEMBRES FRANCS-MAÇONS INTERNATIONAUX DE LA COMMISSION TRILATÉRALE ANNÉES 2008 - 2009 – 2010 – 2011 - 2012 - 2013, CONFÉRENCES BIDERBERG ET... B'NAI B'RITH


TRENTE ANS D’UNE INSTITUTION SECRÈTE


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POUVOIRS OPAQUES DE LA TRILATÉRALE

Par OLIVIER BOIRAL Professeur à l’université Laval (Canada)
LE MONDE DIPLOMATIQUE



Dirigeants des multinationales, gouvernants des pays riches et partisans du libéralisme économique ont vite compris qu’ils devaient se concerter s’ils voulaient imposer leur vision du monde. Dès juillet 1973, dans un monde alors bipolaire, DAVID ROCKEFELLER lance la Commission trilatérale, qui va marquer le point de départ de la guerre idéologique moderne. Moins médiatisée que LE FORUM DE DAVOS, elle demeure très active, au travers d’un réseau d’influences aux multiples ramifications.
par Olivier Boiral, novembre 2003 
Il y a trente ans, en juillet 1973, à l’initiative de M. DAVID ROCKEFELLER, figure de proue du capitalisme américain, naissait la Commission trilatérale. Cénacle de l’élite politique et économique internationale, ce club très fermé et toujours actif de hauts dirigeants a suscité nombre de controverses, surtout à ses débuts (1). La Commission entend alors devenir un organe privé de concertation et d’orientation de la politique internationale des pays de la triade (Etats-Unis, Europe, Japon). Sa charte fondatrice résume : 
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«Centrée sur l’analyse des enjeux majeurs auxquels font face l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest et le Japon, la Commission s’attache à développer des propositions pratiques pour une action conjointe. Les membres de la Commission regroupent plus de 200 distingués citoyens provenant des trois régions et engagés dans différents domaines (2)»
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La création de cette organisation opaque, où se côtoient à huis clos et à l’abri de toute compromission médiatique des dirigeants de multinationales, des banquiers, des hommes politiques, des experts de la politique internationale, ou encore des universitaires, coïncide à ce moment avec une période d’incertitude et de turbulence dans la politique mondiale. La gouvernance de l’économie internationale semble échapper aux élites des pays riches, les forces de gauche paraissent de plus en plus actives, en particulier en Europe, et l’interconnexion croissante des enjeux économiques appelle une coopération plus étroite entre les grandes puissances. La TRILATÉRALE va rapidement s’imposer comme un des principaux instruments de cette concertation, soucieuse à la fois de protéger les intérêts des multinationales et d’«éclairer» par ses analyses les décisions des dirigeants politiques (3).
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A l’image des rois philosophes de la cité platonicienne contemplant le monde des idées pour insuffler leur sagesse transcendante dans la gestion des affaires terrestres, l’élite rassemblée au sein de cette institution fort peu démocratique - et que la démocratie inquiète dès lors que des groupes autrefois silencieux s’en mêlent - va s’employer à définir les critères d’une «bonne gouvernance» internationale. Elle véhicule un idéal platonicien d’ordre et de supervision, assuré par une classe privilégiée de technocrates qui place son expertise et son expérience au-dessus des revendications profanes des simples citoyens : 

«Un lieu protégé, la Cité trilatérale, où la technè est loi, commente GILBERT LAROCHELLE. Et, postées en surplomb, des sentinelles veillent, surveillent. Le recours à l’expertise ne relève point d’un luxe, il offre la possibilité de mettre la société face à elle-même. Le mieux-être ne vient que par les meilleurs qui, en leur hauteur inspirée, produisent des critères pour les relayer vers le bas (4)
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Les thèmes débattus au sein de cette oligarchie de la politique internationale, dont les réunions annuelles se déroulent en différentes villes de la Triade, le sont dans une discrétion qu’aucun média ne semble plus vouloir troubler. Chaque sujet fait l’objet de rapports annuels (THE TRIALOGUE) et de travaux thématiques (TRIANGLE PAPERS) réalisés par des équipes d’experts américains, européens et japonais triés sur le volet. Edités régulièrement depuis une trentaine d’années, ces documents publics traduisent l’attention de la TRILATÉRALE à des problèmes globaux censés transcender les souverainetés nationales et appeler l’intervention des pays riches : réforme des institutions internationales, mondialisation des marchés, environnement, finance internationale, libéralisation des économies, régionalisation des échanges, rapports Est-Ouest (surtout au début), endettement des pays pauvres, etc.
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Ces interventions s’articulent autour de quelques idées fondatrices qui ont été largement relayées par le politique. La première est la nécessité d’un «NOUVEL ORDRE INTERNATIONAL». Le cadre national serait trop étroit pour traiter des grands enjeux mondiaux dont la «complexité» et l’«interdépendance» sont sans cesse réaffirmées. Une telle analyse justifie et légitime les activités de la Commission, à la fois observatoire privilégié et contremaître de cette nouvelle architecture internationale.
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Les attentats du 11 septembre 2001 ont fourni une nouvelle occasion de rappeler, lors de la rencontre de Washington en avril 2002, la nécessité d’un «ordre international» et d’«une réponse globale» auxquels les principaux dirigeants de la planète sont enjoints de collaborer sous la houlette américaine. Lors de cette réunion annuelle de la TRILATÉRALE, MM. COLIN POWELL (secrétaire d’Etat américain), DONALD RUMSFELD (secrétaire à la défense), RICHARD CHENEY (vice-président) et ALAN GREENSPAN (président de la Réserve fédérale) étaient présents (5).
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La seconde idée fondatrice, qui découle de la première, est le rôle tutélaire des pays de la triade, en particulier des Etats-Unis, dans la réforme du système international. Les pays riches sont invités à s’exprimer d’une seule voix et à unir leurs efforts dans une mission destinée à promouvoir la «stabilité» de la planète grâce à la généralisation du modèle économique dominant. Les démocraties libérales sont le «centre vital» de l’économie, de la finance et de la technologie. Ce centre, les autres pays devront l’intégrer en acceptant le commandement qu’il s’est donné. L’unilatéralisme américain paraît cependant avoir mis à épreuve la cohésion des pays de la triade. Leurs dissensions s’expriment dans les débats de la Commission. Ainsi, dans son discours du 6 avril 2002, lors de la réunion évoquée plus haut, M. Colin Powell a défendu la position américaine sur les principaux points de discorde avec le reste du monde : refus de signer les accords de Kyoto, opposition à la création d’une cour pénale internationale, analyse de «l’axe du Mal», intervention américaine en Irak, appui à la politique israélienne, etc.
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L’hégémonie des démocraties libérales conforte la foi dans les vertus de la mondialisation et de la libéralisation des économies qui s’exprime dans le discours de la trilatérale. La mondialisation financière et le développement des échanges internationaux seraient au service du progrès et de l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre. Or elles supposent la remise en cause des souverainetés nationales et la suppression des mesures protectionnistes. Ce credo néolibéral est souvent au centre des débats.
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Lors de la rencontre annuelle d’avril 2003, à Séoul, il a été notamment question de l’intégration économique des pays d’Asie du Sud-Est et de la participation de la Chine à la dynamique de mondialisation. Les réunions des deux années précédentes avaient été l’occasion pour le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. MIKE MOORE, de professer dévotement les vertus du libre-échange. Après avoir vilipendé le mouvement antimondialisation, M. Moore avait même déclaré qu’il était 
«impératif de rappeler encore et toujours les preuves accablantes qui démontrent que le commerce international renforce la croissance économique (6)».
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La tirade du directeur de l’OMC contre les groupes réclamant une autre mondialisation - qualifiés de «e-hippies» - souligne la troisième caractéristique fondatrice de la TRILATÉRALE : son aversion pour les mouvements populaires. Elle s’était exprimée dans le célèbre rapport de la Commission sur la gouvernance des démocraties rédigé par MICHEL CROZIER, SAMUEL HUNTINGTON et JOJI WATANUKI (7). Dès 1975, ce texte dénonçait les «excès de la démocratie» qu’exprimaient aux yeux des auteurs les manifestations contestataires de l’époque. Celles qui, un peu comme aujourd’hui, mettaient en cause la politique étrangère des Etats-Unis (rôle de la CIA dans le putsch chilien, guerre du Vietnam, etc.) et réclamaient la reconnaissance de nouveaux droits sociaux. Ce rapport provoqua à l’époque nombre de commentaires indignés, qui dirigèrent leurs feux contre l’administration démocrate du président JAMES CARTER, qui fut membre de la TRILATÉRALE (comme, plus tard, le président CLINTON) (8).
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Depuis le début des années 1980, l’attention de la presse pour ce genre d’institution semble s’être plutôt portée sur des rencontres moins fermées et surtout plus médiatisées, comme le FORUM DE DAVOS. L’importance des enjeux débattus au sein de la TRILATÉRALE et le niveau de ceux qui ont participé à ses réunions ces dernières années soulignent néanmoins son influence persistante (9).
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Loin d’être un «vieux serpent de mer» qui referait surface au ravissement de quelques adeptes d’ésotérisme et de «théorie du complot», la COMMISSION TRILATÉRALE est une institution bien établie, dont la discrétion facilite la collusion entre responsables politiques et grandes entreprises. 
«J’espère bien que les points de vue qui sont formulés par ces gens d’expérience ont une influence réelle sur la politique internationale !», nous a répliqué un ancien ministre canadien qui a participé à plusieurs des travaux de la COMMISSION TRILATÉRALE. Il faisait ainsi écho aux propos du fondateur, M. DAVID ROCKEFELLER : «Quelquefois, les idées mises en avant par les rapports de la COMMISSION TRILATÉRALE sont devenues des politiques officielles. Ses recommandations ont toujours été sérieusement débattues à l’extérieur de notre cercle, et elles ont joué un rôle dans les réflexions des gouvernements et dans la formulation de leurs décisions (10)
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Ainsi se dessine la trame d’un pouvoir diffus, opaque, presque insaisissable, qui tisse ses liens à travers des clubs fermés et des rencontres internationales dont le forum de Davos représente l’expression la plus ostentatoire. Dans ces lieux de rencontres, d’échanges, de tractations gravitent les mêmes protagonistes, s’élaborent les analyses et les compromis qui précèdent souvent les grandes décisions. La COMMISSION TRILATÉRALE est une des pièces de cet échiquier polymorphe. Elle consolide l’alliance entre le pouvoir des multinationales, de la finance et de la politique, grâce à un réseau d’influences dont les ramifications s’étendent aux principaux secteurs de la société.
(1) Le Monde diplomatique a consacré plusieurs articles au sujet dans les années 1970. Lire en particulier Claude Julien, «Les sociétés libérales victimes d’elles-mêmes», et Diana Johnstone, «Une stratégie trilatérale», respectivement mars 1976 et novembre 1976. Lire aussi l’article de Georges-Albert Astre, «LE NOUVEAU CAPITALISME», inManière de voir, n° 72, en vente le 15 novembre.
(2) Le nombre des «distingués citoyens» admis au sein de la Commission a été par la suite élargi et comprend aujourd’hui plus de 300 membres. MM. RAYMOND BARRE, THIERRY DE MONTBRIAL, DENIS KESSLER ont participé à ses travaux. M. DE MONTBRIAL est également membre du «Groupe Bilderberg» [surnommé LE BÉBÉ DE LA TRILATÉRALE].
(3) Lire sur les réseaux de «décideurs» de ce genre, Geoffrey Guens, Tous pouvoirs confondus, EPO, Bruxelles, 2003.
(4) Gilbert Larochelle, L’Imaginaire technocratique, Boréal, Montréal, 1990, p. 279.
(5) Leurs discours, ainsi que de nombreuses autres informations, sont accessibles par le site de la Commission : http://www.trilateral.org/
(6) Mike Moore, THE MULTILATERAL TRADING REGIME IS A FORCE FOR GOOD : Defend It, Improve It, Réunion de la Commission trilatérale du 11 mars 2001.
(7) Michel Crozier, Samuel Huntington et Joji Watanuki, The Crisis of Democracy : Report on the Governability of Democracies to the Trilateral Commission, New York University Press, 1975.
(8) Zbigniew Brzezinski avait été l’un des grands architectes de cette organisation avant de devenir le principal conseiller du président Carter pour les questions de sécurité.
(9) On citera, par exemple, MM. WILLIAM CLINTON, GEORGE H. BUSH, HENRY KISSINGER, GEORGE SOROS, VALÉRY GISCARD D’ESTAING, ERNESTO ZEDILLO, MME MADELEINE ALBRIGHT. Mais, à ces responsables politiques, il convient d’ajouter de nombreux dirigeants en exercice des multinationales Exxon-Mobil, General Electric, Daimler-Chrysler, Levi Strauss, Kodak, Xerox, ABB, Johnson & Johnson, Alcan, Power Corporation, etc.
(10) DAVID ROCKEFELLER, GEORGES BERTHOIN et TAKESHI WATANABE, préface aux Task Force Reports : 9-14, New York University Press, 1978, p. IX.
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A noter également que la COMMISSION TRILATÉRALE dispose d'un site officiel public (cliquez sur la bande) :
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* LISTE DES MEMBRES DE LA COMMISSION TRILATERALE 2008
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A noter également que la CONFÉRENCE BILDEBERG dispose d'un site officiel public (cliquez sur la bande) :
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HISTORIQUE DES PARTICIPANTS :
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HISTORIQUE DES PARTICIPANTS FRANÇAIS :
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LES LIENS ÉTROITS ENTRE LE PARLEMENT EUROPÉEN, LE PARLEMENT JUIF EUROPÉEN ET LA FRANC-MAÇONNERIE INTERNATIONALE : COMMISSION TRILATÉRALE, BILDERBERG, B’NAI B’RITHEUROPE, DANS UN BUT COMMUN LE GOUVERNEMENT MONDIAL :

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PARLEMENT JUIF EUROPÉEN , dont le projet avait été imaginé par par le président de l’Etat d’Israël, SHIMON PERES, composé de 120 membres de 47 pays différents [comme la KNESSET de Jérusaem] inauguré le 16 février 2012 [voir vidéo] dans le bâtiment du PARLEMENT EUROPÉEN à Bruxelles «pour des entretiens sur l'OTAN, L’antisémitisme en Europe, l’Iran et les relations UE-Israël»
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Les bureaux du B’NAI B’RITH EUROPE [franc-maçonnerie juive] sont situés à BRUXELLES
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Sur le site du B’NAI B’RITH EUROPE, on peut lire :
Le B’nai B’rith a le statut d’Organisation Non Gouvernementale (ONG) et est représenté dans les institutions suivantes :
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L'ACTION DU B’NAI B’RITH
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Le livre de JACOB COHEN«LE PRINTEMPS DES SAYANIM» [informateurs en hébreu] nous l'explique :
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Jean-Marc DESANTI : Peux-tu nous rappeler l’argument central de ton ouvrage ?
Jacob COHEN : Le Printemps des sayanim tente de donner une idée de la pénétration de ces «informateurs» juifs français – il en existe dans tous les pays où réside une communauté juive – qui, par «patriotisme», collaborent avec le MOSSAD, et lui apportent leur aide, principalement dans 2 domaines. Celui de la propagande ou de la désinformation. Ou dans le cadre des opérations d’espionnage. Mon livre se concentre sur le premier aspect. Il met en scène – c’est un roman et non un essai – des personnages connus et que l’on identifie facilement – ou moins connus comme certains francs-maçons juifs et sionistes qui ont créé une loge «judéo-sioniste» au sein du GRAND ORIENT et qui organise par exemple chaque année des voyages encadrés en Israël – que je suppose être des sayanim, vu leur implication revendiquée en faveur de la politique d’Israël. Par exemple l’organisation d’un match de football entre jeunes israéliens et palestiniens, opération typique de propagande pour faire croire à une paix qui avancerait pendant que la colonisation continue. Les sayanim dans les médias lui donneront une publicité exagérée. Comme ils ont réussi à faire imposer un certain vocabulaire, à RFI par exemple : Dire JÉRUSALEM à la place de TEL AVIV ; implantations au lieu de colonies ; barrière de sécurité et non mur de séparation. Les sayanim pénètrent tous les secteurs de la société. Aucun ne leur échappe. Exemple de collaboration en matière d’espionnage. Lorsque l’IRAK a envoyé des scientifiques en France pour se perfectionner en matière nucléaire, le MOSSAD a trouvé un sayan à Saclay qui leur a fourni leur dossier complet.
Jean-Marc DESANTI : Ne penses-tu pas que la multiplicité des «services» chargés du renseignement au sein d’un même gouvernement (le MOSSAD, le SHIN BETH, l’AMAN, le MALMAB, le LAKMA, le NATIV,) chargés du renseignement intra et extra-territorial, provoquent des gaspillages budgétaires et surtout des pertes d’informations ou de recoupements ?
Jacob COHEN : Les pays qui lient leur destin à une politique de puissance, et la taille n’a rien à voir, référence à ISRAËL, développent une multitude de «services» pour couvrir tous les champs possibles d’investigation, recouper les informations, créer de la stimulation. L’AMÉRIQUE actuelle en est l’exemple parfait, qui ignorerait jusqu’à leur nombre et leurs attributions. Ce qui introduit une compétition entre eux, et qui peut avoir des effets néfastes. Mais il serait illusoire d’exiger d’eux une collaboration totale et sans arrière-pensées. L’esprit de corps finit souvent par primer sur les considérations nationales.
Il y a probablement autant d’avantages, sinon plus, à garder les structures actuelles en ISRAËL qu’à vouloir les fondre en 2 ou 3 organismes. Il y a une plus grande efficacité à privilégier l’«humain», au détriment de la technologie, et cette efficacité est inversement proportionnelle à la taille de la structure. L’élément budgétaire ne serait pas déterminant, à cause du nombre d’agents relativement faible, des priorités nationales, et des aides américaines. Il se trouve aussi que les chefs des «services», qui dépendent directement du premier ministre, se réunissent régulièrement avec lui, ou sont invités à certaines séances du cabinet. On peut donc estimer qu’ils ne se marchent pas trop sur les pieds.
Jean-Marc DESANTI : Il semble indispensable de conserver une certaine séparation des «services», dans une démocratie tout au moins, et dans cette optique qui contrôle vraiment les Sayanim ?
Jacob COHEN : D’après les témoignages les plus crédibles, en particulier VICTOR OSTROVSKY et GORDON THOMAS – ce dernier a recueilli les confidences de tous les anciens chefs du MOSSAD, en particulier celui de MEIR AMIT, patron du MOSSAD au début des années 60 et qui lui avait révélé explicitement l’intérêt de créer et de développer le corps des sayanim – c’est le service secret israélien chargé des opérations à l’extérieur qui en a la responsabilité. Ce qui est d’ailleurs logique, puisque les sayanim sont par définition des juifs qui résident hors d’ISRAËL. Il semble aussi que les autres «services» s’occupent soit des affaires intérieures, ou des affaires relevant des Territoires palestiniens, ou des affaires militaires. Il se peut aussi qu’un service autre que le MOSSAD cherche à recruter à l’étranger un agent pour une mission spécifique et qu’il s’agisse d’un juif. Mais cela n’équivaudra jamais à l’importance, par le nombre et la qualité, aux sayanim. Rappelons que ces derniers se comptent par dizaines de milliers dans le monde. 3000 dans la seule ville de LONDRES, selon OSTROVSKY. Et ce corps relève exclusivement du MOSSAD. Qui ne rend compte qu’au premier ministre ou à la commission de la Défense de la KNESSET.
Jean-Marc DESANTI : Un agent est efficace dans l’incognito. C’est sa maîtrise d’un domaine ou ses contacts qui représentent un intérêt pour le traitant. Un vrai officier de renseignement est indécelable, il semble mener une vie de routine, ennuyeuse et normale. Comment alors pouvoir affirmer telle action, tel chiffre ou telle réalité concernant les Sayanim ?
Jacob COHEN : Évidemment, seul le responsable du MOSSAD dans un pays connaît le chiffre exact des sayanim. Donc les chiffres qui sont avancés, même par les connaisseurs les plus avertis, ne peuvent être que des estimations. Mais celles-ci n’en donnent pas moins une image de la réalité. On peut se tromper sur quelques centaines pour un pays, mais cela ne change rien quant au fond. Certains témoignages rapportent des faits établis, comme l’action du SAYAN à SACLAY. Pour être efficaces, les sayanim doivent être nombreux pour couvrir tous les secteurs possibles et imaginables, ou mener une action ponctuelle d’envergure. Lorsque MORDECHAÏ VANUNU – celui qui a révélé les secrets nucléaires de Dimona à un journal britannique – a été mis en sécurité dans un hôtel londonien, le MOSSAD a mobilisé tous sessayanim de Londres, qui ont quadrillé la ville, et appelé hôtel par hôtel, avec une description sommaire et un lien familial fallacieux, et il a fini par retrouver sa trace. Comme pour toutes les histoires secrètes, l’action des sayanim ne sort que par bribes. Ce qui n’enlève rien à leur réalité.
Jean-Marc DESANTI : D’après toi, être un Sayan lorsqu’on est français d’origine, est-ce tromper sa patrie ?
Jacob COHEN : Dans un sens, oui. Considérons le problème autrement, car quand il s’agit d’ISRAËL, les repères changent, comme si ce pays devait bénéficier d’un traitement à part. Imaginons une grande communauté d’Allemands vivant en FRANCE ou aux ETATS-UNIS, en tant que citoyens de ces pays, et que des milliers d’entre eux renseigneraient les services secrets allemands, dans tous les domaines, ou entreprendraient des actions en faveur de leur lointain pays d’origine, comment jugerait-on cela ? Un autre élément qu’on passe sous silence parce qu’ISRAËL aujourd’hui est l’allié de la FRANCE, et qu’être sayan paraît inoffensif. Imaginons qu’on soit en guerre. ISRAËL demandera aux sayanim français d’être leur cinquième colonne, et un grand nombre d’entre eux le feront, parce qu’on a développé chez eux un second patriotisme, plus fort que le premier.
Reprenons le cas du SAYAN à SACLAY. Cela aurait pu, ou cela avait pu, nuire aux intérêts de la FRANCE en tant que pays ayant signé par contrat la livraison d’une centrale nucléaire et la formation de scientifiques, en assurant en principe leur protection. La France aurait quelque part failli, car le MOSSAD a réussi, grâce à son sayan, à localiser et à assassiner à PARIS, un scientifique irakien de haut rang.
Le statut de sayan n’est pas si anodin.
Jean-Marc DESANTI : N’y a-t-il pas un risque en lisant ton livre de confondre fonction et réalité, en effet le renseignement est d’abord un travail de bureau. Plus de 75% des postes sont sédentaires dans pratiquement tous les états (par exemple les «services britanniques qui comptent environ 3000 personnes, avouent moins de 500 personnes sur le terrain.) Ne faudrait-il pas un nombre très élevé de «KATSA» pour traiter le nombre considérable d’agents potentiels que tu avances ?
Jacob COHEN : Les sayanim ne sont pas des agents secrets qui doivent être «traités» au jour le jour par des responsables du MOSSAD. On sort là du fonctionnement habituel du service secret. Si cela avait été le cas, il aurait fallu des dizaines, sinon des centaines, de «KATSAS» [Agents de renseignements] pour les traiter.
Les sayanim mènent leur vie habituelle, travail, famille, loisirs. Ils peuvent ne pas être sollicités pendant des mois. L’important est qu’ils soient répertoriés et prêts à agir en cas de nécessité. Un sayan agent immobilier peut ne pas agir pendant un an. Mais il entrera en action le jour où le MOSSAD lui demandera de mettre à sa disposition une planque. De même pour un sayan garagiste ou un sayan haut fonctionnaire. De même, un «KATSA» peut avoir un relais personnel – par exemple un homme important dans les médias – qui relaiera un mot d’ordre décidé par le MOSSAD, dans sa guerre de désinformation. Par exemple : faire le maximum de buzz autour de GILAD SHALIT. Opération remarquable. Qui ignore aujourd’hui le nom de ce soldat, transformé en «otage», alors qu’il servait une armée d’occupation ? Grâce à des relais dans les médias et au sein de la classe politique (gouvernement, partis, parlement…), ISRAËL passe pour un pays qui souffre de la détention d’un «otage» alors qu’il détient 11 000 prisonniers, dont 95% sont politiques, donc de vrais otages de leur politique d’occupation.
Une bonne organisation – on peut faire confiance au MOSSAD pour cela – et une capacité de réaction rapide, permettent à quelques «KATSAS» d’encadrer des milliers de sayanim et de les faire agir ensemble et dans le «bon sens».
Jean-Marc DESANTI : Les «services» israéliens sont une administration comme une autre. Il y a des comptables, des secrétaires, des documentalistes, des logisticiens, des personnes en charge de la gestion du personnel, des spécialistes de l’informatique, des télécommunications, des traducteurs, etc… et bien sûr, des spécialistes du renseignement… Ce qui demande déjà des sommes considérables. Même en tenant compte des «fonds secrets» et autres «fondations privées», où trouver l’argent simplement pour la logistique entretenant la pérennité du «système Sayanim» ?
Jacob COHEN : Les sayanim sont des volontaires. Ils ne coûtent pas un centime au MOSSAD. Et non seulement c’est une main-d’œuvre gratuite, mais en plus elle contribue financièrement, de manière générale à l’État d’ISRAËL, car c’est la plus engagée idéologiquement, en achetant régulièrement les bons du trésor israéliens, en finançant divers organismes sionistes (le KKL pour l’achat des terres, la WIZO pour le développement du système scolaire en ISRAËL et dans les colonies, etc.) en participant à des soirées de soutien (pour GILAD SHALIT, pour le corps des garde-frontières, pour les centres de bien-être aux soldats israéliens, etc.) en s’engageant dans un équivalent du service civil (dans lequel des volontaires juifs de tous âges vont travailler bénévolement dans les bases militaires en payant leur voyage et les frais de dossier) en finançant le MAGUEN DAVID ADOM, les parcs, les forêts, les universités (le nom des donateurs est inscrit dans une salle de cours, sur une ambulance, sur un banc public). Bref, les sayanim peuvent être considérés comme l’aristocratie engagée des militants juifs de la diaspora. Si on compte les 500 000 MEMBRES DU BNAÏ BRIT (UNE ESPÈCE DE FRANC-MAÇONNERIE JUIVE INTERNATIONALE) et ceux des organisations juives et sionistes nationales (comme le CRIFou l’UNION DES PATRONS JUIFS DE FRANCE [voir vidéo UPJF est l'AIPAC français], très actifs et ultra-sionistes, etc.) on peut arriver au chiffre approximatif de 1 million. Le MOSSAD n’a besoin que de quelques dizaines de milliers. Des agents pareils, qui se bousculent pour offrir leur aide, qu’on ne paie pas, mais qui ajoutent leurs propres contributions, quel service secret n’en rêverait pas ?
Jean-Marc DESANTI : Crois-tu que le METSADA (Komeniute), s’il trouvait tes écrits dangereux ou contenant de véritables informations ou révélations te laisserait tranquille ? L’APAM – AVTAHAT PAYLUT MODIENIT – (la protection du renseignement) est-elle si défectueuse ?
Jacob COHEN : Tout d’abord je n’ai pas la prétention de faire des révélations fracassantes. Il est vrai que l’existence même des sayanim était pratiquement inconnue en FRANCE avant la parution de mon livre. Ce qui me paraît gratifiant, c’est que le terme est de plus en plus utilisé dans les forums et dans les commentaires politiques, dans un sens proche de la réalité.
Les livres et les blogs parus en anglais contiennent plus d’informations, de révélations et de témoignages. On peut d’ailleurs se demander quelles forces avaient quasiment réduit au silence le terme même de sayanim et ce qu’il recouvrait.
N’étant pas en mesure d’apporter des révélations inédites, j’ai plutôt privilégié l’atmosphère de collaboration entre le MOSSAD et ses agents très spéciaux. Comment le MOSSAD fait vibrer la fibre «patriotique». L’enrôlement de francs-maçons juifs et sionistes pour la défense d’ISRAËL. La description (tout à fait personnelle mais que j’estime proche de la réalité) des liens quasi incestueux entre SOS Racisme et l’UEJF (Union des étudiants juifs de France) et la soumission de la première aux organisations et à l’idéologie sionistes.
Mais comme nous vivons dans une démocratie formelle et que les Israéliens font de cet idéal leur pierre angulaire, ils ne peuvent quand même pas abattre tous les opposants, surtout étrangers. Mais ils ont d’autres méthodes de persécution. Interdiction d’entrée en ISRAËL pour des opposants (CHOMSKY, FINKELSTEIN), procès en sorcellerie pour «antisémitisme» visant même des juifs irréprochables sur les droits de l’homme, comme EDGAR MORIN en France.
Nul doute que les «services» m’ont repéré, mais il se contentent pour le moment de campagnes d’insultes sur les sites sionistes (dont la plus cocasse, celle d’antisémitisme), des tentatives de faire interdire certains de mes liens sur FACEBOOK. Avant de faire intervenir les nervis du BETAR ou de la LDJ ?
Jean-Marc DESANTI : On peut risquer une autre hypothèse : ton livre n’est-il pas en réalité un superbe objet de désinformation qui d’une part servirait le mythe d’un «MOSSAD» hyper puissant et d’autre part te mettrait à l’abri de tout soupçon de servir «l’INSTITUT» (Ha mossad le modiyn ve le Tafkidim Mayuhadim) ? Tu serez l’équivalent des fameux grands espions insoupçonnables : BLAKE, PHILBY, MCLEAN ET BURGESS.
Jacob COHEN : C’est la question qui tue. La question-piège par excellence. L’obsession de l’espionnite poussée à son paroxysme. La hantise de la manipulation à plusieurs niveaux.
C’est une question à laquelle aucune réponse n’est satisfaisante. De quelle manière devrais-je exprimer une dénégation pour qu’elle soit crédible ? Et si cela était vrai, me vois-tu en train de répondre par l’affirmative et de te dévoiler la supercherie ?
Jean-Marc DESANTI : Cependant, la question mérite d’être posée. Au moins l’interrogation. Dans un milieu où les manipulations sont de mise, il est bon de rester sur ses gardes.
Jacob COHEN : Mais soyons sérieux. Si mon livre montre une des facettes qui donne au MOSSAD une puissance que les autres services secrets n’ont pas, avec le «bras long qui peut agir partout», il met à jour son mode de fonctionnement particulier, révèle la place et le rôle de ces agents spéciaux, au point de donner des idées à leurs adversaires. Les révélations dans ce domaine sont à double-tranchant. Après tout, les chefs du MOSSAD ont admis l’existence des sayanim devant GORDON THOMAS. Mais je ne crois pas que le MOSSAD, comme les organisations sionistes, aient vu d’un bon œil le dévoilement de leurs activités en FRANCE.
Par ailleurs, même s’il est flatteur de me voir comparé à des espions illustres, je dois humblement avouer que ma vie est grandement transparente, peu digne d’intérêt en matière d’espionnage. En d’autres termes, on ne m’a jamais soupçonné de quoi que ce soit, et je n’ai aucune réputation à sauvegarder. Il serait absurde de monter une opération aussi bidon pour me disculper aux yeux d’autrui.
Enfin, ma carrière d’écrivain et de blogueur engagés n’a commencé que depuis peu. À mon âge, je suis perdu pour une nouvelle carrière.
Mais je me rends compte que tout ce que je viens de dire peut être utilisé contre moi, et me faire passer pour ce que tu soupçonnes.
Jean-Marc DESANTI : Au final ne confonds-tu pas les Misgarots (groupes juifs d’autodéfense en diaspora) et les Sayanim ?
Jacob COHEN : Pas du tout. Les membres des «Misgarots» peuvent être des sayanim. La réciproque est loin d’être vraie.
Il faut se rappeler que les sayanim sont des citoyens intégrés dans toutes les couches de la société, pour pouvoir mener les actions décidées par le MOSSAD. Ce qui inclut aussi des gens respectables et d’un certain âge, qu’on voit mal appartenir à des groupes d’autodéfense.
J’ai connu ce genre de groupes au MAROC. Dès les années 50, le MOSSAD avait réussi à s’implanter dans la plupart des communautés juives. Une de leurs actions consistait à recruter des adolescents dans les mouvements de jeunesse sionistes, à l’image de ceux qui existent en ISRAËL (DROR, BN É AQUIVA, HASHOMER HATZAÏR…) dans le but de répandre leur idéologie et de les faire partir en ISRAËL ainsi que leurs familles. J’en avais fait partie pendant 3 / 4 ans. Ayant eu quelques responsabilités dans le mouvement à MEKNÈS, j’ai été amené à rencontrer des Israéliens à CASABLANCA, entrés sous une fausse identité belge, et agissant dans la clandestinité.
Mais il y avait en parallèle des juifs marocains, qui avaient plus de 20 ans, et qui étaient organisés en groupe d’autodéfense, certainement sous la direction d’agents du MOSSAD. À l’époque, cela nous paraissait extraordinaire – j’avais 16 / 17 ans – que des coreligionnaires du MELLAH (ghetto juif) puissent s’organiser de façon quasi militaire et tenir un discours guerrier. Avec le recul, je me suis rendu compte que la communauté juive ne courait aucun danger, et que toute cette mise en scène n’avait pour but que de faire croire aux juifs marocains qu’ils étaient menacés et que leur salut se trouvait en ISRAËL. Je dois reconnaître que cette politique a fait partir des dizaines de milliers de juifs en ISRAËL, de façon irréfléchie. Ils ont regretté par la suite, mais c’était trop tard.
Alors que les sayanim agissent le plus souvent dans des sociétés totalement pacifiées, pour aider le MOSSAD, non pas dans une vision d’autodéfense, mais pour pratiquer la désinformation ou aider concrètement les espions israéliens.
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ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JEAN-MARC DESANTI, POURMECANOPOLIS


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